Lord Shaftesbury: un coeur en or très naïf

le 23 mai 2007 à 15h52 , mis à jour le 23 mai 2007 à 15h59

Le riche aristocrate anglais tué en 2004, cherchait désespérément à se sortir de l'engrenage dans lequel le tenait sa femme Jamila, selon un témoin.

Sir Anthony Shaftesbury/DRSir Anthony Shaftesbury © DR

A la barre pour cette deuxième journée d'audience dans le procès de la mort du Lord, deux témoins : une voyante et la dernière maîtresse de sir Anthony Shaftesbury. Le riche aristocrate anglais a été tué à Cannes en novembre 2004. Depuis mardi, son beau-frère et la femme du comte, Mohamed, 43 ans, et Jamila M'Barek, 45 ans, comparaissent devant les assises de Nice, accusés de l'avoir assassiné pour s'emparer d'une partie de son héritage. Ils affirment qu'il est mort accidentellement dans une bagarre qui a dégénéré (Toute l'histoire en cliquant ici)

A la barre donc, il y a eu tout d'abord Nadia Orch qui a dressé de son dernier amant le portrait d'un homme extrême généreux mais tout autant naïf. "Anthony était très, très naïf. Il avait un coeur comme un bateau, il voulait tout donner aux autres", a expliqué à la cour la jeune femme de nationalité marocaine. Elle avait rencontré le comte en avril 2004 dans un bar de Cannes, le Golden Gate. Une confiance s'établit. Le comte veut l'épouser, avoir un enfant avec elle. "Avec le comte, on formait une famille. On avait une petite télévision, on mangeait des pâtes, on était heureux", raconte-t-elle. Le comte insiste pour lui faire rencontrer Jamila, dont elle dresse devant la cour un portrait peu flatteur : "Elle lui en faisait voir de toutes les couleurs", dit-elle, comparant la famille M'Barek à une "secte" dont le lord essayait de s'arracher.

"Chez moi, on meurt à 90 ans"

Confronté aux demandes continuelles d'argent de sa femme et de son beau-frère, Lord Shaftesbury avait fini par prendre peur : "Le comte avait peur de Jamila et de sa famille (...) il voulait sortir de cet engrenage et mener une vie sereine" avec moi, affirme Nadia Orch. Elle déjeune un jour avec Jamila qui lui aurait dit, parlant du comte : "qu'est-ce que je vais faire un enfant avec un minable pareil ?"

La veille du meurtre, Lord Shaftesbury, 66 ans, est allé voir une voyante à Menton, Martine Dupré-Cordier. A la barre, cette dernière témoigne qu'il avait l'air de tout sauf d'un lord : "il était habillé très modestement. Il sentait l'alcool. On n'aurait jamais cru que c'était un lord". Lord Shaftesbury était venu la consulter pour savoir si Nadia était, comme il l'espérait, enceinte. Il voulait une fille qu'il aurait appelée "Framboise". Il confie à la voyante son désir de divorcer. "Le divorce lui paraissait acquis, se souvient la voyante, mais quand je lui ai dit que ça pourrait ne pas se passer aussi bien qu'il le pensait, il a écarté ma remarque et m'a dit qu'il n'était pas venu pour entendre des mauvaises choses". "Chez moi, on meurt à 90 ans", lui aurait assené le comte.

Pendant ce temps, Nadia Orch a un mauvais pressentiment : "je sentais que quelque chose de grave allait arriver", dit-elle à la cour. Le comte passe la nuit du 4 au 5 novembre au Noga Hilton de Cannes. Le matin, il boit du gin et de la vodka puis se rend au domicile de Jamila. Selon Nadia Orch, épouser Jamila fut "l'erreur de sa vie". "Il s'est vraiment penché trop bas pour cueillir sa rose", conclut-elle, en référence au comte et à Jamila. Le verdict est attendu vendredi.

(D'après agence)

le 23 mai 2007 à 15:52
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