Le meurtre d'un curé à la barre

le 02 mai 2007 à 14h12 , mis à jour le 02 mai 2007 à 17h57

Un homme de 44 ans comparaît depuis mercredi à Paris, accusé d'avoir tué le père Dominique Pessin, ancien aumônier de la prison de la Santé, fin 2004.

palais justice droit tribunal © TF1-LCI

Le père Pessin n'avait pas été vu dans sa paroisse depuis plusieurs jours. L'ancien aumônier de la prison de la Santé a été découvert mort dans son appartement fin 2004. Etranglé et ligoté sur son lit. Chevilles et poignets liés dans le dos par une ficelle de nylon, un lien autour du cou. Depuis mercredi, un homme comparaît devant la cour d'assises de Paris pour son meurtre, sans qu'il ait donné la moindre explication.

L'accusé n'est en effet sorti mercredi de son silence que pour insulter la cour. Niant avoir "jamais tué personne", il a affirmé : "pour moi c'était un ami". Il a sans cesse tenté de ramener le débat sur sa détention provisoire qui dure "depuis 29 mois" (il a été mis en examen et incarcéré le 1er décembre 2004) et qu'il juge "arbitraire". "C'est le non-lieu qui devait être prononcé ! (..) Vous êtes un violeur de la Constitution, Monsieur le président", a lancé Szymczak-Mouton.

"Un crash de disque dur"

L'accusé, Dominique Mouton, avait rencontré le père Dominique Pessin lors d'un séjour en prison en 1993. L'homme de 44 ans a été condamné plusieurs fois pour escroquerie. A sa sortie, ils s'étaient de nouveau fréquentés. "Proche des milieux défavorisés, selon les mots de la paroisse Notre-Dame-de-Lorette, il donnait le meilleur de lui-même pour les marginaux de notre société". Avant et après la prison. Le père avait l'habitude d'accueillir chez lui d'anciens détenus. A certains, il demandait d'assouvir ses pulsions sexuelles sadomasochistes, offrant alors de l'argent pour se faire attacher, comme l'ont montré plusieurs témoignages recueillis au cours de l'enquête ouverte après sa mort.

Dominique Mouton, sorti de prison en septembre 2003 est interpellé le 5 novembre 2004, dans une Fnac parisienne : il tente de régler ses achats avec un chéquier au nom du curé. Le suspect, réputé alcoolique et violent, avouera avoir étranglé le père Pessin, au cours d'un type de "jeu" déjà pratiqué par le passé avec lui. Plus tard, il précisera "qu'il n'a pas tué pour de l'argent et qu'il n'a pas prémédité son geste". Celui qui se présente comme un chef d'entreprise, spécialiste de l'informatique, compare sa pulsion meurtrière à un "crash de disque dur".

A l'audience, qui doit durer quatre jours, l'avocat de l'accusé, Me Jean-Louis Ramires, a indiqué à l'AFP qu'il allait "essayer de plaider l'homicide involontaire". "Les circonstances sont particulières. Ça a commencé comme un jeu et ça a fini de manière tragique", explique-t-il, soulignant que "c'est la première fois que (son client) est poursuivi pour des faits de violences". "S'il avait appelé le Samu il ne serait pas là où il est", ajoute l'avocat.

(D'après agence)

le 02 mai 2007 à 14:12
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