Tentative de perquisition menée vendredi matin au siège du Canard Enchaîné © TF1/LCISelon un journaliste, le juge a renoncé à cause des caméras |
"La perquisition n'a pas eu lieu, ils n'ont rien emporté. C'est votre présence qui les a fait partir", a déclaré aux journalistes Claude Angeli, rédacteur en chef de l'hebdomadaire satirique. Le juge Thomas Cassuto qui entendait perquisitionner vendredi matin au siège du Canard Enchaîné, dans l'enquête sur des violations du secret de l'instruction concernant Clearstream, y a finalement renoncé et a quitté les lieux. Le juge, venu avec cinq ou six assesseurs, était entré dans l'immeuble vers 9 heures 30 mais l'a quitté peu avant midi : il n'avaie pas les clés pour pénétrer dans la salle de rédaction et a invoqué l'absence d'un serrurier alors que la rédaction avait refusé de lui fournir les clés de ce service.
Thomas Cassuto, est, avec sa collègue du pôle financier de Paris, Françoise Desset, chargé d'enquêter sur la "violation du secret de l'instruction" dans l'affaire Clearstream, concernant notamment les notes du général Rondot. "On ne l'aide pas, on ne lui donne pas les clés. On ne va pas, bien sûr, s'y opposer par la force, mais on ne lui facilite pas la tâche", avait expliqué le journaliste Louis-Marie Horeau, précisant qu'il s'agissait "bien de l'affaire Clearstream, le juge cherche un document et Claude Angeli, le rédacteur-en-chef, lui a dit : 'ce document, nous ne l'avons pas et si on l'avait, on l'aurait mangé'". "Ils veulent savoir qui a informé la presse sur Clearstream. Ils peuvent toujours chercher", a déclaré un membre de la rédaction sur place à la presse, maintenue à l'extérieur du siège du journal, dans 1er arrondissement de Paris.
"Inadmissible"
Claude Angeli, rédacteur en chef du Canard Enchaîné, a affirmé vendredi à la presse que le juge présent vendredi matin cherchait "un document (du général) Rondot" sur de présumés "comptes japonais" de Jacques Chirac. Ce document avait été publié par le journal satirique en 2006, au plus fort de l'affaire Clearstream. "Le juge cherche un document (du général) Rondot sur le président de la République et ses comptes japonais", a déclaré Claude Angeli à la presse sur le perron de l'immeuble.
Il a estimé par ailleurs "tout à fait inadmissible" cette perquisition menée au siège de l'hebdomadaire satirique. Le juge Thomas Cassuto et ses assesseurs étaient toujours à 10 heures 45 dans les locaux administratifs du journal et attendaient un serrurier pour pouvoir pénétrer dans la rédaction. Plusieurs autres journalistes de l'hebdomadaire satirique, de même que de Libération, du Monde, du Parisien et du Nouvel Observateur, avaient été entendus le 14 décembre comme témoins par les magistrats chargés d'enquêter sur la "violation du secret de l'instruction" dans l'affaire Clearstream.
| Un juge chez l'avocat de Nicolas Sarkozy |
Un juge s'est rendu vendredi matin au cabinet de Me Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, dans le cadre de l'enquête sur la violation du secret de l'instruction dans l'affaire politico-judiciaire Clearstream. La juge Françoise Desset, accompagnée d'un expert, est restée une vingtaine de minutes dans le cabinet de l'avocat. Selon cette source, elle a étudié le temps de transmission du fac similé de l'interrogatoire de mars du général Rondot par le fax de l'avocat et a observé que cela ne correspondait pas au temps de transmission des documents envoyés au Canard Enchaîné, qui les avaient publiés. Elle a donc "constaté que les documents n'avaient pas pu être envoyés depuis cette machine", a assuré l'avocat. Me Herzog a par ailleurs affirmé qu'il avait reçu une copie du dossier le 12 juin 2006 et que l'article incriminé avait été publié dans l'hebdomadaire du 10 mai 2006. |
(D'après agence)
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