© TF1/LCIDerrière le pseudonyme de "Phinéas", sous lequel Mickaël Tronchon avait revendiqué l'agression à la hache de deux Français d'origine maghrébine et la profanation du cimetière juif de Lyon en 2004, se cachait un jeune raciste égaré, a-t-on appris lundi devant la cour d'assises du Rhône. A la barre, le jeune homme, 27 ans, se montre calme, et ne se départit de sa politesse qu'en fin de séance, devenant arrogant à la limite de la provocation.
Yeux creusés dans un visage fin, cheveux mi-longs plaqués en arrière, il répond avec le sourire au président. Face à lui, ses deux victimes, un vieillard et un homme handicapé, suivent ses déclarations tête baissée, appuyés sur leurs béquilles. Sans réticence, Mickaël Tronchon, qui est resté détenu à l'isolement pendant deux ans et neuf mois, déroule le fil d'une enfance difficile, le suicide de son père, notable dans le Doubs qui ne l'a jamais reconnu, puis de sa mère, ouvrière minée par l'alcool et la dépression.
"Tuer à chaque vacances"
Il raconte les coups reçus, de sa mère et de ses voisins de chambrée notamment maghrébins, et ceux portés, à des connaissances qui lui manquaient de respect. Il poursuit avec ses "fantasmes", "tuer des Arabes", qui se font "de plus en plus précis et obsédants après le 11 septembre 2001". Sans se troubler, il dit qu'il avait "projeté de tuer à chaque vacances" et raconte avec la même froideur les agressions, qu'il assume pleinement.
En août 2004, il attaque à la hache, dans le centre de Villeurbanne (Rhône), un trentenaire né en Algérie. Il souhaitait "le décapiter", affirme-t-il, expliquant spontanément que s'il avait réussi, il aurait tracé une croix gammée avec son sang et déposé la tête devant une mosquée. Constatant le peu d'écho médiatique fait au crime, il décide de profaner le cimetière juif de Lyon, inscrivant à la peinture noire des slogans racistes et des croix gammées -à l'envers- ou celtiques sur une soixantaine de tombes. Il signe son acte "Phinéas", en référence aux "prêtres de Phinéas", groupuscules néo-nazis américains dont il avait entendu parler à la télévision.
"J'ai commis des actes violents, mais je ne suis pas violent par nature"
"Ce que je voyais en Hitler était le symbole de la punition que je voulais infliger aux Arabes, pas l'antisémitisme", déclare-t-il, rejettant les accusations de nazisme. Quelques jours plus tard, il frappe à coups de hache à Paris un sexagénaire qui rentre de la mosquée, le laissant pour mort avant de se rendre le lendemain à la police. "Je regrette ces actes, sincèrement", affirme aujourd'hui le jeune homme, qui dit "avoir changé". "J'ai commis des actes violents, mais je ne suis pas violent par nature", insiste-t-il. "Je suis quelqu'un de bien", "peut-être un peu ombrageux, mais pas intolérant".
"Ses actes ont été une forme de suicide social, les experts le disent et il le reconnaît", souligne son avocat, rappelant l'altération des facultés de son client au moment des faits. Mais, pour Me Alain Jakubowicz, avocat des parties civiles, "il s'agit d'un jeune homme extrêmement dangereux en mission messianique". L'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu jeudi soir ou vendredi.
D'après agence
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