Pourquoi le comte de Shaftesbury a-t-il été tué ?

Par , le 22 mai 2007 à 04h00 , mis à jour le 22 mai 2007 à 13h19

Meurtre prémédité, bagarre qui a mal tourné... L'épouse et le frère d'un lord excentrique sont jugés pour la mort du lord, retrouvé dans un ravin en 2005.

Le lord a été retrouvé dans un ravin, cinq mois après sa disparition/DRLe lord a été retrouvé dans un ravin, cinq mois après sa disparition © DR

L'affaire est digne d'un roman d'Agatha Christie. Hercule Poirot en moins, le sexe en plus. L'histoire est celle de Sir Anthony Ashley-Cooper, un lord anglais excentrique venu s'encanailler sur la Côte d'Azur et retrouvé mort en avril 2005 au fond d'un ravin, offert aux rongeurs de tous poils, à une vingtaine de kilomètres des palaces où il menait grand train.

Retour sur l'intrigue. Depuis ses deux mariages et autant de divorces, Sir Anthony Ashley-Cooper, dixième comte de Shaftesbury partage son temps entre son domaine cossu du Dorset et les hôtels luxueux de la Côte d'Azur ; entre les brumes anglaises et le soleil provençal, troquant son beau tweed pour un blue-jean. Des allers- retours entre la sphère de la haute société british guindée et celle des bars à hôtesses décadents.

Un comte au cœur d'artichaut

Dans les bars huppés de la Riviera, le lord excentrique et volage claque l'argent de son considérable héritage auprès des femmes qu'il aime. Et ces dernières le lui rendent bien, alcool et billets aidant. "Il brûlait la vie par les deux bouts", racontera sa sœur Frances. Un jour de 2002, il rencontre Jamila M'Barek, une séduisante hollandaise d'origine tunisienne. Coup de foudre et mariage : ça jase. Il a la soixantaine passée, elle la trentaine, les mauvaises langues évoquent, dans les tabloïds britanniques, le démon de midi. Le lord n'en a cure. "Jamila était une séductrice, une féline mais avec elle il donnait le sentiment d'avoir trouvé le bonheur", se rappellera sa sœur.

A sa belle, le comte achète un appartement à Cannes, lègue un moulin dans le Gers, et verse chaque mois la somme de 7000 euros. Le conte de fée commence pour Jamila, l'hôtesse de bar devient lady. Mais une fois devenue princesse, la Cendrillon intéresse moins le comte qui aime à jouer le rôle de rédempteur auprès des filles perdues. Anthony Ashley-Cooper est un comte au cœur d'artichaut. Il s'amourache de Nadia une autre jeune serveuse. Le lord veut divorcer.

"Une bagarre qui aurait mal tourné"

Le 3 novembre 2004, il effectue un énième voyage outre-Manche. L'ultime. Il ne passe pas la nuit du 6 novembre dans la chambre d'un palace cannois qu'il avait pourtant réservée. Et ne donne plus signe de vie. Quatre mois après sa soudaine disparition qui ira jusqu'à mobiliser Scotland Yard, Jamila craque. La jeune femme raconte avoir été témoin d'un clash entre son mari et son frère, chez elle, dans son appartement cannois. Une "bagarre d'ivrogne" qui tourne mal. Le frère de Jamila reconnaît avoir tué le comte mais sans le vouloir. Le lord est mort étranglé. "Affolé, j'ai transporté son corps dans ma voiture et je m'en suis débarrassé dans la campagne", dira-t-il aux enquêteurs. Sa sœur qui accable son frère lors de ses déclarations réfute la machination, la préméditation.

Depuis mardi matin, la veuve du lord et le frère de celle-ci sont jugés par la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour l'assassinat de cet homme de 66 ans. Mohammed M'Barek, 45 ans, comparait pour "assassinat" ; sa sœur Jamila M'Barek, 43 ans, l'épouse pour "complicité d'assassinat". Dès le début de l'audience, Mohamed M'Barek a lancé à la cour : "Je suis innocent, ma  soeur est innocente. C'est juste un accident". L'élimination d'Anthony Ashley-Cooper aurait pu avoir pour but de l'empêcher d'annuler une donation, à son épouse dont il souhaitait se séparer.

"Mon client était quelqu'un de bon vivant"

Interrogé par LCI.fr, l'avocat de la famille parle d'un "assassinat au motif crapuleux". Pour Me Philippe Soussi, l'argent est au cœur de cette sordide histoire. "Ma cliente n'avait aucun intérêt à ce que son époux décède, conteste Me Franck de Vita, le défenseur de Jamila M'Barek qui plaidera l'acquittement.

 Au contraire, sa mort lui coûte beaucoup plus cher. Elle a dû assumer tous les impôts pendant trois ans, sans parler des redressements fiscaux auxquels elle a dû faire face". Pour témoigner de la bonne foi de sa cliente, Me de Vita va faire cité l'ex-joueur de tennis Björn Borg, un ancien amant de Jamila. "Mon client était quelqu'un de bon vivant, c'était un épicurien qui aura été perdu par sa générosité", constate Me Soussi. Epilogue le 25 mai, lors du verdict.

Par Amélie Gautier le 22 mai 2007 à 04:00
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12 Commentaires

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  • BICHAUD, le 22/05/2007 à 17h58

    L'argent toujours l'argent !

  • JGH, le 22/05/2007 à 14h56

    Hélas ce sera encore un de ces procès -spectacles dont rafolent les magistrats et les médias, qui va mobiliser toute l'énergie de l'administration judiciaire et policière et, hélas, empêcher nombre d'autres procédures( sérieuses cette fois) de progresser...

  • Audrey, le 22/05/2007 à 12h16

    Encore une parvenue oisive qui a vu le paon venir pour bien le plumer... Paivre bécasson, voilà ou ça l'a mené....

  • Fée, le 22/05/2007 à 10h54

    Sans vouloir être vulgaire, les histoires de cul et d'écus tournent souvent au drame... Y a rien de nouveau sous le soleil de la Côte d'Azur !!

  • Bob, le 22/05/2007 à 10h23

    Ha l'amour quand tu nous tiens... Je remarque également que cette jeune femme choisissait bien ses proies "Björn Borg, un ancien amant". A quoi bon faire des études et travailler honnêtement quand on peut plumer des vieux riches... Je vois par contre que pour Anne-Marie d'Annecy, la vraie (seule)responsable ne la dégoute pas...tous des mauvais ces hommes !

  • David, le 22/05/2007 à 09h27

    Le livre sort quand ?

  • Anne-Marie, le 22/05/2007 à 09h04

    C'est sordide; cela n'inspire que du dégoût pour l'anglais et son assassin. Le mot "Lord " me semble-t-il , ne convient pas à ce type, et l'argent mal utilisé ne donne pas une morale inexistante.

  • Carlo, le 22/05/2007 à 09h04

    Un lord souvent croisé dans le milieu de la nuit cannoise, souvent accompagné et dans des bars de prostitués...à force de jouer avec le feu on finit par se bruler...

  • Adélaïde, le 22/05/2007 à 08h33

    L'argent ne fait pas le bonheur ! c'est bien connu !

  • Jean.A, le 22/05/2007 à 08h33

    Certains émirs,lords,hommes d'affaires et riches héritiers passent souvent des séjours tumultueux sur la cote...Alcool,drogue .Sans oublier le plus important les nanas,heu pardon,les michtonneuses.C'est à dire de trés belles filles qui vont avec des hommes à pognon(qu'elles nomment des michtons!Les triangles du sexbuisness,sexhuppé:Cannes,Londres,Geneve et plus loin d'europe certains pays d'Arabie ou il peut y avoir un risque de non retour pour les belles filles acceptant les invitations et finissant...labàs...Merci de publier ses quelques vérités.

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