Tombes profanées dans le carré musulman du cimetière de Notre-Dame-de-Lorette (19 avril 2007) © TF1/LCIAprès un report de quinze jours, le procès de deux hommes de 18 et 21 ans jugés pour avoir profané 52 tombes musulmanes du cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette à Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) s'est tenu ce mercredi devant le tribunal correctionnel d'Arras. Tous deux ont été condamnés à 2 ans de prison dont un avec sursis. Ils ont en outre été privés de droits civiques pendant 3 ans.
Le tribunal a suivi les réquisitions pour l'un des deux accusés mais a été plus sévère pour le second. Réclamant une "sanction qui doit être un exemple pour tous les nazillons de leur espèce", le procureur de la République avait en effet requis des peines de 12 mois de prison ferme pour l'accusé le plus âgé, présenté comme '"instigateur" et le "coordinateur" de la profanation du cimetière, et 9 mois de prison ferme pour le second.
Un troisième jeune homme de 16 ans a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel d'Arras à sept mois de prison dont cinq mois et demi avec sursis. Sa condamnation est assortie de l'obligation de rester à sa sortie de prison trois mois dans un centre de placement immédiat et de participer à un stage de citoyenneté.
Des excuses
Ces trois jeunes gens, originaires du Pas-de-Calais et au casier judiciaire vierge, ont reconnu avoir, dans la nuit du 18 au 19 avril, couvert d'inscriptions nazies 52 tombes du carré musulman du cimetière Notre-Dame-de-Lorette, la plus vaste nécropole militaire de France. Ils étaient "animés par une conviction assez confuse, une idéologie nazie ou néo-nazie et skinhead", avait souligné dimanche le procureur de la République d'Arras.
Les trois jeunes gens ont exprimé publiquement leurs excuses à "l'ensemble de la communauté musulmane" via des lettres publiées lundi dans le site internet de leur avocat. Il ont expliqué avoir "pris conscience de l'extrême gravité" de leurs actes et regretté "absolument (leur) geste". Mais le procureur avait requis leur maintien en détention "du fait de l'extrême gravité des faits", soulignant qu'ils avaient agi "par haine raciale" et voulu "blesser la communauté musulmane".
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