Secret de l'instruction : les avocats de nouveau à la barre

le 21 mai 2007 à 06h55 , mis à jour le 21 mai 2007 à 09h01

Le procès des 2 avocats soupçonnés de "divulgation d'information" dans une affaire de blanchiment supposé d'argent de la drogue, s'ouvre ce lundi.

TF1/LCI La plaque de l'avocate France Moulin devant le porte de son cabinetLa plaque de l'avocate France Moulin devant le porte de son cabinet © TF1/LCI

Après avoir été reporté à deux reprises, le procès des avocats France Moulin et Michel Dublanche, s'ouvre de nouveau lundi devant le tribunal correctionnel d'Orléans. Les deux avocats sont soupçonnés notamment de "divulgation d'information" dans une affaire de blanchiment supposé d'argent de la drogue. La mise en examen de Me Moulin, une première pour un avocat pour ce délit, avait provoqué la colère de ses collègues. Ils avaient manifesté dans plusieurs villes de France et dénoncé l'article de la loi Perben II ayant permis son incarcération en 2004.

Trente autres prévenus, numismates, intermédiaires ou trafiquants, seront jugés pour "blanchiment". Jusqu'à présent, 36 personnes ont été mises en examen dans cette affaire. Six d'entre elles ont déjà été jugées et condamnées à des peines de 8 mois à 7 ans de prison ferme.

Jugés également pour "blanchiment", Me Moulin, 44 ans, et Me Dublanche, 55 ans, encourent cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende. Des débats houleux avaient marqué en septembre le premier jour du procès. Au bout de deux jours, il avait été reporté, "pour attendre le règlement de l'instruction", à la demande de la défense qui critiquait un "dossier émaillé de nullité et d'anomalies". Un mois plus tard et après une demi-journée seulement, le tribunal reportait une seconde fois le procès afin de permettre "la poursuite des investigations".

Détenue 23 jours

Me Moulin assurait la défense d'un numismate toulousain, Georges Danicourt, arrêté en juin 2004 dans le cadre de l'enquête sur cette affaire de blanchiment d'argent. Elle est soupçonnée d'avoir révélé à un tiers des informations du dossier d'instruction qui auraient permis de dissimuler une partie du produit du blanchiment d'argent. Elle a été détenue à Bourges pendant 23 jours en mai 2004. Trois semaines après sa libération, son patron Michel Dublanche, 54 ans, était également mis en examen des mêmes chefs d'inculpation dans le cadre de la même affaire. Incarcéré le 4 juin 2005 à Bois-d'Arcy (Yvelines), il avait été remis en liberté le 22 juillet 2005.

L'affaire avait débuté en octobre 2003 avec l'arrestation de deux trafiquants de drogue orléanais au péage de Saran (Loiret) en possession de 329 kg de résine de cannabis et la découverte de 270.000 euros en liquide au domicile de l'un des deux. L'enquête devait rapidement conduire à l'interpellation de plusieurs numismates, puis à celle des deux avocats toulousains. L'argent provenant de la revente de la drogue était blanchi dans l'achat d'or et de métaux précieux. Plus de 450.000 euros, 325 kg d'or et 400 kg d'argent ont été saisis, selon une source proche du dossier.

Le procès devrait durer trois semaines.

(D'après agence)

le 21 mai 2007 à 06:55
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3 Commentaires

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  • C-Mathieu, le 21/05/2007 à 13h04

    Faut arrêter avec l'immunité du monde de la Justice ! C'est aussi une microsociété avec ses tricheurs, ses incompétents, ses compétents... Il faut réprimander ceux qui font des fautes !

  • Philippe, le 21/05/2007 à 10h32

    Un avocat n'est pas au-dessus des lois, il doit pouvoir être poursuivi et condamné s'il y a lieu comme n'importe qui. Pourquoi il y aurait-il des professions qui n'auraient pas à rendre compte de la façon de faire leur métier. Les pilotes, les chirurgiens, les architectes sont bien mis en accusation pour faute professionnelle quand se présente. Il ne faut pas créer une caste d'intouchables...

  • Candide niort, le 21/05/2007 à 09h02

    Comment un avocat ,digne de ce nom ,peut-il défendre correctement ses clients s'il ne communique pas avec eux sur l'essentiel du chef d'inculpation ??

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