Tombes profanées dans le carré musulman du cimetière de Notre-Dame-de-Lorette (19 avril 2007) © TF1/LCIAprès un report de quinze jours, le procès de deux hommes de 18 et 21 ans jugés pour avoir profané 52 tombes musulmanes du cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette à Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) s'est ouvert ce mercredi devant le tribunal correctionnel d'Arras. Le report avait été fait à la demande de l'avocat des deux prévenus, Me David Lefranc, qui a expliqué vouloir disposer de davantage de temps pour préparer la défense de ses clients et par "besoin de sérénité".
Le tribunal avait également décidé de maintenir en détention les deux jeunes hommes - qui devaient être jugés en comparution immédiate - en évoquant un "trouble notable à l'ordre public". Les deux hommes avaient été mis en examen pour "dégradations graves, commises en réunion et à raison de la race et de la religion" et écroués. Ils encourent cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende. Un troisième auteur présumé, un mineur de 16 ans, doit comparaître en mai devant un juge des enfants.
Privés de droits civiques
Mercredi, le procureur de la République a requis des peines de douze et neuf mois de prison ferme à l'encontre de deux hommes de 21 et 18 ans. Jean-Pierre Valensi a réclamé deux ans d'emprisonnement dont un avec sursis à l'encontre du prévenu le plus âgé, présenté comme l'"instigateur" et le "coordinateur" de la profanation du cimetière. Il a requis 18 mois d'emprisonnement, dont neuf avec sursis, contre le second prévenu et demandé qu'ils soient tous deux privés de droits civiques pendant cinq ans.
Ces trois jeunes gens, originaires du Pas-de-Calais et au casier judiciaire vierge, ont reconnu avoir, dans la nuit du 18 au 19 avril, couvert d'inscriptions nazies 52 tombes du carré musulman du cimetière Notre-Dame-de-Lorette, la plus vaste nécropole militaire de France. Ils étaient "animés par une conviction assez confuse, une idéologie nazie ou néo-nazie et skinhead", avait souligné dimanche le procureur de la République d'Arras.
Des excuses
Les trois jeunes gens ont exprimé publiquement leurs excuses à "l'ensemble de la communauté musulmane" via des lettres publiées lundi dans le site internet de leur avocat. Il ont expliqué avoir "pris conscience de l'extrême gravité" de leurs actes et regretté "absolument (leur) geste". Mais le procureur avait requis leur maintien en détention "du fait de l'extrême gravité des faits", soulignant qu'ils avaient agi "par haine raciale" et voulu "blesser la communauté musulmane".
Leur avocat avait demandé de son côté leur mise en liberté en soulignant que les preuves des faits avaient déjà été recueillies et qu'ils avaient "reconnu (..) le caractère raciste de leur acte". Il a également fait allusion au fait que des "incidents" s'étaient déroulés dans leur prison.
(D'après agence)
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