Des photos de la petite Léa, tuée par une grue en 2004Le tribunal correctionnel d'Albertville a condamné lundi à deux ans de prison, dont dix huit mois avec sursis, le propriétaire d'une grue dont la chute dans une cour d'école en Savoie avait provoqué la mort d'une enfant de 8 ans en 2004. Le tribunal a en outre condamné le propriétaire de la grue à 25.000 euros d'amende. Lors de l'audience, le procureur avait réclamé deux ans de prison, dont un an avec sursis contre le propriétaire, ainsi que 15.000 euros d'amende et la publication du jugement dans la presse par l'accusé.
Le tribunal a par ailleurs condamné le fils du propriétaire de la grue, qui manoeuvrait l'engin au moment du drame à un an de prison avec sursis, une peine assortie d'une amende de 3000 euros. Ce jugement est conforme à ce qu'avait réclamé le procureur. Enfin, les juges ont relaxé le maire de la commune, à qui on reprochait un manquement à une obligation de prudence. Six mois de prison avec sursis et 1000 euros d'amende avaient été requis contre lui. Le tribunal a estimé qu'il y avait une "absence de vigilance mais pas de faute caractérisée" de la part du maire "qui ne peut pas être tenu responsable de tous les accidents qui se produisent dans sa commune".
"Morte parce que vous vouliez faire de petites économies"
L'accident s'était produit dans la cour de l'école primaire de Bellentre, un jour sans vent, au moment où les élèves sortaient pour la récréation. La flèche d'une grue installée pour la rénovation d'une maison voisine s'était effondrée sur Léa, la tuant sur le coup. "Cette grue âgée de 28 ans, achetée d'occasion à bas prix et pas révisée depuis 8 ans, était en mauvais état. Elle n'était pas installée comme il faut, elle était calée n'importe comment. Vous faites partie des gens qui travaillent trop, qui sont habitués à prendre des risques pour eux et qui prennent des risques pour les autres", avait déclaré le président du tribunal lors de l'audience.
Au cours du procès, le prévenu, à la fois moniteur de ski, guide de montagne, commerçant propriétaire de magasins de sport, et rénovateur avec son fils Benoît de vieilles maisons avait été pris à partie par le père de la petite Léa : "ma fille est morte parce que vous vouliez faire de petites économies, c'est une maladie de Savoyard". "Le seul objectif" du propriétaire, avait lancé le procureur, "c'est le fric, c'est rogner sur tout. Faire intervenir une société spécialisée dans le contrôle des grues aurait coûté 269 euros, la vie de Léa vaut 269 euros".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




