L'usine AZF après la catastrophe © TF1/LCIUn avocat toulousain, Me Laurent Nakache-Haarfi, a été mis en examen mercredi pour tentative d'escroquerie dans le cadre d'une affaire de faux dossiers d'indemnisations de victimes de la catastrophe d'AZF qui avait fait 30 morts et des milliers de blessés le 21 septembre 2001, selon une source judiciaire. L'avocat, âgé de 33 ans, a été placé sous contrôle judiciaire. L'avocat est également poursuivi pour travail illégal par dissimulation d'un salarié. Ce salarié, qui aurait servi d'intermédiaire à l'avocat, et qui se trouvait en état de récidive légale, a été mis en examen et écroué la semaine dernière pour escroquerie dans le cadre de cette même affaire.
"Il reste plusieurs éléments à éclaircir", a précisé le procureur de la République. L'enquête porte sur 17 des centaines de dossiers d'indemnisation traités par l'avocat, au bureau et au domicile duquel des perquisitions ont été réalisées. Ces 17 dossiers, tous accompagnés de certificats médicaux, seraient faux. L'explosion de l'usine AZF a donné lieu à plus de 18.000 indemnisations, dont quelque 13.000 sans l'aide d'un avocat. Dans le cadre d'un accord amiable entre le groupe Total, propriétaire du site AZF et le ministère de la Justice, les sinistrés ont pu bénéficier d'un fonds d'indemnisation de 2 milliards d'euros.
Me Stella Bisseuil, qui traite de nombreux dossiers d'indemnisations de victimes, craint que la mise en cause de son confrère et la révélation d'escroqueries, ne lèse les victimes "silencieuses" de la catastrophe, celles qui souffrent de troubles psychologiques et auditifs. "On risque de passer d'un regard compatissant (envers ces victimes) à un regard de méfiance et de suspicion", a-t-elle déclaré. "Dans ce cas il n'y aurait plus qu'à refermer les dossiers", dit-elle.
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