Jacques Chirac à l'Elysée © TF1/LCIDès samedi minuit, l'ancien président Jacques Chirac redeviendra un citoyen comme les autres. Et moins de deux jours après la fin de son immunité, il pourrait être convoqué par les juges instruisant l'affaire Clearstream comme témoin. C'est en tout cas ce qu'affirme le Canard Enchaîné de cette semaine.
L'entourage de l'intéressé affirme ne pas être au courant de cette information distillée par l'hebdomadaire satirique. Ainsi, l'avocat de Jacques Chirac indique : "être extrêmement surpris qu'une telle convocation puisse exister". Des sources judiciaires parisiennes interrogées par les agences de presse affirment également ne pas être au courant de cette procédure. Et François Fillon, interrogé mardi soir sur France 2 sur cette éventualité, a déclaré que "le président de la République, ayant quitté ses fonctions, est un justiciable comme les autres". "Je n'ai aucune information sur cette convocation et d'ailleurs je n'ai pas de raison d'en avoir", a aussitôt précisé le Premier ministre.
Selon l'hebdomadaire satirique, les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons ont convoqué l'ancien président au pôle financier de Paris pour l'interroger notamment sur les carnets du général Philippe Rondot, où figurent des annotations tels que "instruction du PR", qui pourrait signifier "président de la République". Si l'information se révélait exacte, il s'agirait de la première convocation de l'ancien président, susceptible d'être auditionné, voire mis en examen dans plusieurs affaires.
L'affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris |
Parmi les affaires pouvant viser Jacques Chirac, il y a cette enquête pour "détournement de fonds publics" visant les salaires de complaisances présumés du cabinet à l'Hôtel de ville de Paris, dans les années 1990. Dans ce dossier, vingt personnes sont soupçonnées d'avoir attribué des emplois de complaisance ou d'en avoir bénéficié, du temps des maires Jacques Chirac et Jean Tiberi. D'après les enquêteurs, ces emplois étaient totalement fictifs, aux contours très imprécis ou n'avaient rien à voir avec la mairie. Mardi, l'avocat général Jacques Mouton a demandé à la Cour de cassation de valider l'enquête sur ces chargés de mission, contestée par plusieurs mis en examen, dont Michel Roussin, ex-bras droit de Jacques Chirac à l'Hôtel de ville. La chambre criminelle de la haute juridiction rendra son arrêt dans ce dossier le 26 juin. L'ancien chef de l'Etat pourrait être rapidement entendu à partir de cette date dans cette affaire qui avait valu à Alain Juppé d'être convoqué le 15 mai par la juge d'instruction Siméoni. |
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