Jacques Chirac lors du débat de 1988 contre François Mitterrand © TF1/LCIClerstream, dossier des chargés de mission à la mairie de Paris, emplois fictifs du RPR... A partir de dimanche, à minuit et une seconde, Jacques Chirac redevient un citoyen à part entière, et pourra être convoqué par des magistrats. La Constitution stipule en effet, que l'immunité du chef de l'Etat prend fin un mois après la passation de pouvoir avec son successeur.
C'est la première fois qu'un ancien président suscite autant l'intérêt de la justice. En début de semaine, le Canard Enchaîné a annoncé la convocation de Chirac comme témoin dans l'affaire Clearstream, dès lundi 18 juin. Une information démentie par son entourage et par le parquet. Dans cette affaire de "dénonciation calomnieuse", plusieurs dizaines de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, partie civile dans l'affaire, ont été désignées à tort comme ayant pu toucher des pots-de-vins sur des comptes via l'institution financière luxembourgeoise Clearstream.
Emplois de complaisance
Ce que peut redouter le plus l'ancien chef d'Etat, c'est l'affaire des emplois fictifs du RPR payés par la mairie de Paris. En 2004, le reste du dossier s'était soldé notamment par la condamnation d'Alain Juppé. Le cas personnel de Jacques Chirac reste en attente dans le cabinet du juge de Nanterre Alain Philibeaux. "Personne ne sait rien, à part Philibeaux, à propos d'une éventuelle convocation de Chirac" à Nanterre, a-t-on assuré mardi de source proche du dossier.
Autre dossier où le nom de Jacques Chirac est cité : celui des chargés de missions de la Ville qui est toujours à l'instruction. Il s'agit d'une affaire d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris entre 1983 et 1998, principalement au bénéfice de proches du RPR. L'enquête est instruite par la juge Xavière Simeoni qui pourrait entendre l'ancien chef de l'Etat avec le statut de témoin assisté.
Billets d'avions gratuits
Par ailleurs, le juge Jean-Marie d'Huy reste saisi de l'affaire sur la Société d'économie mixte parisienne de prestations (SEMPAP), une imprimerie dissoute en 1996. Cette société est notamment soupçonnée d'avoir financé le RPR via le cabinet du maire. Enfin, l'instruction concernant l'ancienne compagnie aérienne Euralair ouverte en septembre 2006 à Paris et confiée à Xavière Simeoni, pourrait également viser Jacques Chirac. L'ancien président et surtout son épouse Bernadette auraient bénéficié de billets d'avion gratuits avant 1995.
Avec Agence
Un "justiciable comme un autre" pour les Français |
Pour 80% des Français Jacques Chirac doit être "considéré par la justice comme un justiciable comme les autres", tandis que 16% sont d'un avis contraire, selon un sondage CSA pour Le Parisien Aujourd'hui en France. Ils sont 89% de sympathisants de gauche et 72% de sympathisants de droite à l'estimer "un justiciable comme un autre", selon ce sondage effectué les 13 et 14 juin. (Sondage réalisé par téléphone sur un échantillon national représentatif de 1.001 personnes âgées de 18 ans et plus) |
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