
Pour ce procès, les mesures de sécurité ont été renforcées autour du Palais de Justice de Perpignan et dans la ville même. Plus de deux ans après les faits, les Perpignanais n'ont en rien oublié l'ambiance de confrontation entre les communautés gitane et maghrébine des vieux quartiers, encore moins les émeutes du 29 mai 2005. 50 voitures avaient été incendiées et des commerces saccagés.
Les heurts avaient été déclenchés par le meurtre d'un franco-algérien. A partir de vendredi et pendant une semaine, cinq gitans comparaissent à huis-clos devant la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Orientales pour la mort de Mohamed Bey Bachir, un franco-algérien de 28 ans, tué à coups de barre de fer, le 22 mai 2005. Quatre accusés devront répondre de meurtre : Giovanni Cargol, Justin Paul Ximenes et David Rufer. Le quatrième est un mineur. Il est reproché au cinquième prévenu Paul Sanchez, d'avoir notamment fourni la barre de fer ayant servi au meurtre.
Une bande organisée
Dans un premier temps, cet assassinat avait été lié aux tensions inter-communautaires, mais l'enquête a permis d'établir qu'il avait pour origine une rivalité amoureuse. Au cours d'une altercation suivant la dégradation de son véhicule lors du marché dominical, Mohamed Bey Bachir avait blessé Giovanni Cargol, un gitan de 26 ans, d'un coup de couteau au visage. Il avait été ensuite poursuivi par un groupe de gitans et battu à mort dans un petit café d'une rue proche.
Au total, neuf gitans avaient été successivement mis en examen pour ce meurtre en bande organisée. A l'issue de l'instruction le juge d'instruction a prononcé des non-lieux pour trois des neuf personnes initialement mises en cause. Un sixième gitan, âgé de 14 ans au moment des faits, poursuivi pour être à l'origine de la première altercation, a été mis en examen pour dégradations aggravées et bénéficie de mesures d'éducation surveillée. Son cas est disjoint.
Avec un club de golf
L'enquête a mis en évidence que le meurtre avait été volontaire, au vu de "l'utilisation d'armes dangereuses" (barres de fer, bâtons, club de golf) et de "la violence des coups portés par les auteurs" notamment au visage. Le juge d'instruction a toutefois estimé que "le déroulement répondait plus à une succession d'événements et circonstances aléatoires (...) ne pouvant correspondre à l'action d'une bande organisée".
La cour aura la tâche ardue de trouver une cohérence parmi des déclarations parfois contradictoires, souvent confuses, des accusés, décrits comme "frustes (...) au vocabulaire sommaire (...) évoluant en solidarité avec un clan (...) présentant des carences intellectuelles et scolaires (...) oisifs" et parfois "toxicomanes" ou "alcooliques". Dix membres de la famille Bey Bachir se sont portés partie civile et seront représentés par deux avocats.
(D'après agence)
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