Des documents suggèrent un soutien de Chirac à Djibouti

le 13 juin 2007 à 16h50 , mis à jour le 13 juin 2007 à 17h11

Des documents saisis au Quai d'Orsay suggèrent un soutien de l'ex-président à son homologue de Djibouti pour accéder au dossier judiciaire sur la mort du juge.

TF1-LCI/DR Le juge Bernard BorrelLe juge Bernard Borrel © TF1-LCI/DR

Du nouveau dans l'affaire Borrel. Des documents saisis au Quai d'Orsay suggèrent un soutien de Jacques Chirac à son homologue de Djibouti pour accéder au dossier judiciaire sur la mort du juge, où des responsables djiboutiens sont mis en cause. L'entourage de l'ancien président a déclaré qu'il "ne souhaite évidemment pas commenter des documents dont il n'a pas connaissance".

Au coeur des documents saisis au quai d'Orsay, et à la Chancellerie, figurent des notes sur la préparation puis sur les retombées d'une rencontre à l'Elysée le 17 mai 2005 entre Jacques Chirac et le président Ismaël Omar Guelleh durant laquelle l'affaire Borrel est longuement abordée. "En sortant de son entretien avec le PR (Président de la République), IOG (Ismaël Omar Guelleh) avait quasiment compris que cette histoire de CIJ était une formalité et qu'après un échange de courrier, ils (ndlr, les Djiboutiens) auraient le dossier dans les 15 jours", écrit notamment, en juillet 2005, un membre de la direction d'Afrique du Quai d'Orsay à son directeur.

"Recours à la CIJ"

Les deux présidents évoquent la possibilité d'une plainte devant la Cour Internationale de Justice qui sera finalement déposée par Djibouti contre la France huit mois plus tard afin d'obtenir une copie de l'enquête française sur la mort du juge. Dans cette plainte, Djibouti reproche à la France la violation d'une convention bilatérale d'entraide judiciaire en matière pénale.

Auparavant, la justice djiboutienne avait demandé à deux reprises à la France la transmission du dossier judiciaire sans obtenir satisfaction malgré des engagements pris par la Chancellerie et le Quai d'Orsay. Une note de l'ambassadeur de France à Djibouti montre que c'est l'Etat français qui a le premier suggéré à Djibouti d'attaquer la France en justice pour faire plier la juge. "Ils réfléchissent à notre idée de recours à la CIJ", écrit le 25 juin 2005 le diplomate en rendant compte d'un entretien avec son homologue djiboutien.

"Ombre au tableau"

Le soutien de la France à Djibouti transparaît également dans les notes de travail de la direction Afrique du quai d'Orsay destinées à préparer la rencontre Chirac-Guelleh du 17 mai 2005. "Nous sommes votre premier partenaire au développement, votre premier partenaire commercial. Nos relations sont excellentes à tous points de vue. Il n'existe qu'une seule ombre à ce tableau: l'affaire Borrel", écrivent les diplomates en invitant Djibouti à la "surmonter". Toujours selon des documents auxquels l'AFP a eu accès, des conseillers de Jacques Chirac lui proposent, dans un argumentaire, d'assurer à son homologue djiboutien que sa "colère est parfaitement compréhensible".

"Nous avions pris l'engagement de vous transmettre ce dossier. Malheureusement les services de la Chancellerie avaient mal évalué les conséquences d'une telle transmission. M. Perben pourrait être poursuivi par Mme Borrel pour forfaiture", poursuit l'argumentaire en assurant "que les autorités françaises font le maximum de ce qui est en leur pouvoir". Djibouti saisira finalement la CIJ le 12 janvier 2006 afin d'obtenir la communication du dossier Borrel et aussi l'annulation de convocations, en qualité de témoins assistés, de hauts représentants de l'Etat djiboutien, dont Ismaël Omar Guelleh.

(D'après agence)

le 13 juin 2007 à 16:50
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1 Commentaires

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  • Mike, le 13/06/2007 à 20h44

    Du n'importe quoi! encore pour une enième fois voilà que l'affaire Borrel prend une autre face, ou du moins, et c 'est vraiment ahurissant, que la presse française avance une version invraissemblable. Mais enfin, pourquoi vous (presse et autres) voilez vous la face et refusez vous d'admettre cette réalité pourtant si simple, QU'IL S'AGIT D'UNE AFFAIRE FRANCO-FRANCAISE. une affaire qui ne concerne que la France. Pourquoi ternir l'image d'un Président et d'un pays souverain comme le votre. Decidemment les bonnes manières, ça s'apprend.

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