Le juge Bernard Borrel © TF1-LCI/DRLes documents auraient été saisis en avril par la justice à la Chancellerie et au Quai d'Orsay, et selon Le Monde, ils mettraient directement en cause le ministère de la Justice dans le déroulement de l'enquête sur la mort du juge Borrel. Et plus particulièrement, le procureur général Laurent Le Mesle, à l'époque où il était directeur de cabinet du Garde des Sceaux Dominique Perben. L'intéressé s'est d'ailleurs défendu dès samedi par voie de communiqué, affirmant "de la manière la plus solennelle" n'avoir "jamais exercé de pression sur la justice", et assurant avoir "au contraire dans ce dossier, toujours agi dans le respect de la loi et des responsabilités qui étaient alors les siennes".
Bernard Borrel avait été retrouvé mort en 1995, le corps à demi-calciné, au pied d'un ravin. Djibouti a depuis conclu à un suicide mais l'enquête française privilégie la thèse de l'assassinat. Et des témoignages mettent en avant la responsabilité du président Ismaël Omar Guelleh et son entourage.
Des pièces cruciales transmises sans l'aval des juges ?
Or, le ministère français de la Justice se serait secrètement engagé, dès 2004, à remettre l'enquête aux autorités de Djibouti, pourtant mises en cause dans la mort du magistrat. Cette transmission du dossier avait cependant étré refusée, le 8 février 2005, par la juge d'instruction chargée de l'enquête sur la mort du magistrat, Sophie Clément. Cette dernière avait estimé que la demande avait "pour unique but de prendre connaissance (...) de pièces mettant en cause le procureur de la République de Djibouti".
"Je vous remercie de veiller à ce qu'il soit apporté une réponse favorable à la demande formulée par les autorités djiboutiennes" (d'obtenir une copie du dossier d'instruction sur la mort du juge, NDLR), écrivait le 30 juillet 2004 Laurent Le Mesle dans une note adressée à ses services. Et, ajoute l'agence France-Presse qui a également consulté ces documents, en janvier 2005, ce même Laurent Le Mesle assurait encore dans un courrier à l'ambassadeur de Djibouti en France avoir "demandé à ce que tout soit mis en oeuvre pour que la copie du dossier d'instruction (...) soit transmise au ministre de la Justice de Djibouti". Plusieurs autres documents saisis par la justice montreraient également la volonté française de satisfaire Djibouti, où la France entretient sa plus importante base en Afrique avec 2700 militaires.
D'après agence
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