Erika: les avocats des secours contestent la passivité

Par D.H. (avec agence), le 05 juin 2007 à 19h34 , mis à jour le 05 juin 2007 à 19h40

Les avocats des 4 membres des secours à terre, pour lesquels le parquet a requis lundi la relaxe, ont plaidé mardi dans le procès de l'Erika.

[Expiré] [Expiré] Naufrage de l'Erika © AFP/Marine Nationale

Au lendemain des réquisitoires du parquet (lire notre article), les plaidoiries de la défense ont commencé mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. A commencer par les avocats des quatre membres des secours à terre, pour lesquels le ministère public a requis la relaxe. Ils ont demandé mardi leur relaxe du chef d'abstention volontaire de combattre un sinistre dans le procès de l'Erika, estimant qu'on ne pouvait leur reprocher leur passivité le 11 décembre 1999, veille du naufrage du pétrolier à l'origine d'une marée noire sur 400 km de côtes.

Les prévenus en question sont Eric Geay, 51 ans, Michel de Monval, 55 ans, deux officiers du Centre opérationnel de la marine (COM) de Brest, Jean-Loup Velut, 51 ans, chef de division de l'Action de l'Etat en mer (AEM), et Jean-Luc Lejeune, 49 ans, du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en mer (Cross) d'Etel.

"Les autorités côtières n'avaient pas conscience d'un sinistre qualifié"

Le ministère public avait pour sa part réclamé la relaxe lundi soulignant notamment que ce jour-là, en pleine "tempête" dans l'Atlantique, les secours côtiers manquaient de moyens et étaient débordés par "d'autres événements urgents". Ce samedi 11 décembre, ils s'occupaient entre autres du sort du Maria K, un vraquier dérivant près des côtes et pour lequel le risque de pollution était déjà avéré, à l'inverse de ce qu'indiquaient les messages du capitaine de l'Erika Karun Mathur, a rappelé Me Christian Saint-Palais, qui défend M. Velut.

Dans l'après-midi, M. Mathur --également prévenu au procès-- avait plusieurs fois annulé un premier message de détresse reçu par le Cross peu après 14h, et n'avait rien laissé transparaître des fissures et des fuites de carburant qu'il avait constatées sur le navire. En somme, "les autorités côtières n'avaient pas conscience d'un sinistre qualifié (...) Il est impensable d'affirmer qu'elles ont été passives", a résumé Me Matthieu Brochier, avocat de M. de Monval. Il a souligné que jusqu'au moment de quitter son service ce samedi soir, M. de Monval n'avait cessé d'avoir "confiance dans la parole du capitaine du navire". Son second message de détresse entraînant le déclenchement des opérations de sauvetage de l'équipage ne sera lancé que le dimanche vers 6h. Les défenseurs de Total doivent s'exprimer mercredi.

Par D.H. (avec agence) le 05 juin 2007 à 19:34
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