Face à la grogne, Dati précise sa réforme

Par Diane HEURTAUT (avec agence), le 27 juin 2007 à 17h06 , mis à jour le 27 juin 2007 à 21h55

La ministre de la Justice a promis mercredi une "large consultation" et que Paris ne passerait pas en force sur la refonte de la carte judiciaire.

TF1 / LCI Rachida Dati au Tribunal de Bobigny, le 22 juin 2007Rachida Dati au Tribunal de Bobigny, le 22 juin 2007 © LCI

La refonte de la carte judiciaire "ne peut pas être dictée depuis Paris" et elle passera par "une large consultation locale". Face à la grogne et aux inquiétudes du milieu judiciaire, la Garde des Sceaux, Rachida Dati, a lancé ce mercredi la consultation sur la réforme projetée de la carte judiciaire et installé un "comité consultatif". L'idée était surtout de présenter aux professionnels concernés (magistrats, greffiers, avocats) "les orientations de la réforme, le calendrier et la méthode de travail" et de les rassurer donc...

"Le moment n'est pas venu de se mobiliser contre un projet qui n'existe pas mais au contraire de se mobiliser pour construire une réforme ensemble", a-t-elle lancé aux grévistes et aux mécontents, répétant qu'"aucune décision ne sera prise aujourd'hui" et "sans concertation". La ministre de la Justice a ensuite pris l'argument d'Outreau pour défendre sa refonte dictée selon elle par les difficultés posées par des tribunaux de petite taille, existants depuis 1958 mais ne répondant plus aux mêmes contraintes. "Outreau, c'est un juge confronté à une affaire difficile qui ne trouve pas un soutien suffisant dans une juridiction de taille suffisante". "De manière plus générale, en dessous d'un certain seuil d'activité, une juridiction ne rend pas une justice efficace", a-t-elle estimé.

Les syndicats sceptiques face au calendrier

Alors que la liste des tribunaux et cours d'appel qui seraient menacés par la réforme circulait ces derniers jours dans la presse (lire notre article), Rachida Dati a évoqué les différents "schémas" auxquels le ministère a réfléchi : un TGI par département avec "des sections délocalisées" (soit 100 TGI au lieu des 181 actuels) ou bien le maintien de plusieurs TGI par département avec "une unification administrative de l'ensemble des juridictions du département". Il s'agit aussi de "s'interroger sur le redécoupage de certaines cours" d'appel. Aujourd'hui, elles sont au nombre de 35. Certains évoquaient une cour par région, soit 22, ce que le ministère avait nié samedi. Rachida Dati a aussi demandé aux syndicats et organisations présents de lui remettre des propositions "pour le 30 septembre" avant une réforme programmée à partir du 1er janvier 2008.  

Cette première réunion à la Chancellerie s'est finalement achevée sur les critiques par le milieu judiciaire du calendrier de la réforme menée "au pas de charge". "On ne se collera pas à ce calendrier qui nous paraît irréaliste", a lancé Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature (SM, gauche). Le président du Conseil National des Barreaux (CNB), Paul-Albert Iweins, s'est dit "perplexe" devant ce calendrier. Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), a dit avoir demandé un report de ce calendrier et "on nous a dit qu'il n'y aurait pas de calendrier contraint". La ministre, de son côté, a dit "sa plus grande satisfaction" à l'issue de la réunion. L'Ordre des avocats de Thionville, en Moselle, s'est dit "très modérément apaisé" et celui de Sarreguemines, toujours en Moselle, a souhaité avoir une "concertation ouverte" avec la Garde des Sceaux. A Pau, quelque 300 avocats en robe ont encore défilé dans les rues mercredi.

Par Diane HEURTAUT (avec agence) le 27 juin 2007 à 17:06
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10 Commentaires

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  • Florent, le 28/06/2007 à 09h19

    Les syndicats sont devenus une plaie pour notre société.

  • JGH, le 28/06/2007 à 09h02

    Il est regretable que la société se focalise tour à tour sur les problêmes d'insécurité dans les tribunaux, puis sur le découpage administratif des juridictions alors que les vrais problèmes sont les manques criants de moyens matériels et humains, l'abscence de compétences de certains magistrats( affaire d'Outreau ), les dysfonctionnements à répétitions, le laxisme apparent dans certaines affaires qui font que la justice rendue en France soit de plus en plus mauvaise et indigne d'un état de droit. Mais cela ne semble intéresser ni le ministère, ni les syndicats de magistrats, ni l'ordre des avocats car cela ne concerne que l'intérêt des justiciables ...Merci de me publier

  • Hennicker, le 28/06/2007 à 07h24

    Un gouvernement de charlot,tous dans la tête rien dans la culotte, zorro

  • Attab, le 27/06/2007 à 21h15

    Je veux et je dois dire que Madame la ministre de la justice Rachida Dati, a tout a fait raison de vouloir réformer la carte judiciaire. Pour moi, je dois dire et je veux que une réforme profonde doit-être fait pour que cette carte judiciaire globaliser soit mise au plus vite en oeuvre, car ce n'est plus possible de rester au passé, et qu'il faut absolument moderniser les tribunaux!

  • Hervé, le 27/06/2007 à 21h12

    Tout le monde est pour réformer mais chez les autres... C'est humain mais on va pas avancer si on veut contenter tout le monde

  • Hervé, le 27/06/2007 à 21h10

    SVP Mme Dati, ne lachez pas. On ne vous a pas élu pour que toutes les réformes nécessaires soient cassées par quelques individus. A force d'avoir peur de subir certaines oppositions, vous risquez de ne rien changer du tout finalement.

  • Olivier, le 27/06/2007 à 20h52

    Ce pays est ingourvenable tant qu'il existera ces gangs de gaucho de syndicats

  • Jean-Paul, le 27/06/2007 à 17h52

    Nous retrouvons les mêmes difficultés que pour l'Université. Le noyautage par les syndicats de gauche empêchent la France d'avancer et de se réformer.

  • Max, le 27/06/2007 à 17h29

    Donner plus de moyen à une justice déjà asphyxiée passe par la suppression de tribunaux pour la ministre Dati ! La poursuite de la regression de la France, confirmée par le résultat des élections est en marche ! CQFD

  • Bruno, le 27/06/2007 à 17h24

    Elle se moque de qui ? Tout le monde sait tres bien que le projet etait deja prés et devait etre imposé en force, c'est juste la force de l'opposition des progessionnels qui a fait que Mme Dati commence a dire qu'elle va ecouter les autres !

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