François Fillon sur RTL (6 juin 2007) © TF1/LCI"Il n'y aura pas d'impôt sur le revenu" ni de cotisations sociales à la charge du salarié. François Fillon l'a rappelé, et a tenu à être clair sur ce chapitre mercredi matin, alors qu'il s'exprimait à l'antenne de RTL sur le dossier des heures supplémentaires défiscalisées. "De même, il n'y aura pas de charges sociales salariales sur les heures supplémentaires", a-t-il souligné. "Les charges sociales patronales seront complètement réduites, grâce à un forfait qui sera mis en place avec un avantage pour les entreprises de moins de 20 salariés". François Fillon a chiffré le coût de cette exonération à "2,5 à 3 milliards d'euros" par an. Jusqu'à présent, des experts avaient chiffré cette mesure plutôt aux alentours de 5 milliards. Mais, reconnaît le Premier ministre, le poids financier de la réforme "est difficile naturellement à apprécier, car il dépend du nombre d'heures supplémentaires qui sera mis en oeuvre. Notre souhait est qu'il y en ait le plus possible".
Interrogé sur un autre sujet sensible, l'agression à coups de couteau dont a été victime un magistrat mardi au tribunal de grande instance de Metz, le Premier ministre a répondu : "Je comprends totalement l'émotion des magistrats. S'il y a un endroit où l'ordre, où la sécurité doivent régner, c'est bien les tribunaux. Il n'y a pas assez de moyens pour protéger les magistrats, nous allons mettre ces moyens. Rachida Dati a un mois pour présenter un plan pour améliorer la sécurité des tribunaux". Une promesse assortie d'une annonce : "Si on veut avoir des tribunaux modernes, efficaces, avec des juridictions spécialisées et des moyens pour assurer la sécurité de ces tribunaux, dans le contexte budgétaire qui est le nôtre, il faut accepter de revoir la carte judiciaire et de faire les réformes de fond". Et de conclure : "Il y a des tribunaux qui doivent être regroupés".
La réforme des régimes spéciaux annoncée pour 2008
Revenant sur le chapitre des mesure sociales et économiques, il a lancé un avertissement : "On va libérer l'entreprise de beaucoup de contraintes, mais en même temps on sera intraitable sur un certain nombre de sujets (...) il y aura une pression qui va être mise sur les entreprises pour qu'elles gardent les salariés jusqu'à l'âge de la retraite", a déclaré le Premier ministre. L'emploi des seniors peine à décoller en France et pâtit des préretraites, toujours utilisées par nombre d'entreprises comme outil de restructuration... Par ailleurs, le Premier ministre a réaffirmé que la réforme des régimes spéciaux de retraite (RATP, EDF-GDF, SNCF...) serait menée "en 2008".
Message enfin aux partenaires européens de Paris : François Fillon a affirmé que la France respecterait "tous ses engagements", notamment en matière de contrôle des dépenses et des comptes publics. "Nous nous sommes engagés sur cinq ans à faire passer notre endettement en dessous de 60% du PIB", contre 64,5% fin 2006, a-t-il insisté en réaffirmant que cet objectif à 2012 "sera tenu".
D'après agence
La réforme s'appliquera le 1er octobre |
La réforme des heures supplémentaires qui prévoit leur "exonération d'impôt sur le revenu" et "un allègement de cotisations sociales" pour les salariés comme pour les employeurs s'appliquera à compter du 1er octobre, selon l'avant-projet. "Le taux de majoration des heures supplémentaires dans les entreprises de 20 salariés au plus, qui était fixé jusqu'au 31 décembre 2008 à 10%, est porté à 25% au 1er octobre", précise également l'avant-projet. Ce texte "en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat" a été transmis mercredi aux organismes de Sécurité sociale et au Conseil d'Etat, ce dernier devant rendre un avis de nature juridique le 14 juin. |
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