Le verdict dans l'affaire Okpara est attendu vendredi © LCIGodwin Okpara, ex-footballeur du Paris Saint-Germain et sa femme, qui comparaissent devant les assises de Versailles pour avoir violé, torturé et traité en esclave leur fille adoptive mineure, ont été condamné vendredi respectivement à 13 et 15 ans de prison ferme. La belle-mère de l'ancien défenseur a été condamnée à cinq ans de prison, dont un an ferme. Les jurés, après un court délibéré de deux heures, sont allés plus loin que les réquisitions de l'avocate générale, qui avait demandé des peines de dix à douze ans envers les époux.
Après l'énoncé du verdict, Linda, la femme de l'ancien défenseur du PSG, a lancé sur le mode ironique à sa fille adoptive Tina : "Merci, merci beaucoup Tina. Bonne chance en France !". Puis elle a improvisé une danse dans le box des accusés, tenant des propos incompréhensibles en direction de la jeune fille qui regardait le sol. Les avocats de la défense ont annoncé qu'ils feraient probablement appel.
Depuis le début des débats mardi, les époux avaient nié tous les faits qui leur étaient reprochés : l'ex joueur du PSG n'avait cessé d'affirmer que la jeune Africaine était consentante alors que sa femme assurait que la victime avait séduit son mari. Face à leurs dénégations, l'avocate générale avait opposé l'existence d'éléments objectifs, preuves que "la victime n'est pas une mythomane". La magistrate avait requis 10 à 12 ans de prison pour les deux époux.
"Crime contre l'humanité"
"Godwin et Linda Okpara sont tous deux tout autant responsables d'avoir maintenu Tina, leur fille adoptive, dans des conditions de travail et de vie incompatibles avec la dignité humaine", a estimé l'avocate générale. "Si Tina n'était pas à proprement parler une esclave, elle était une servante au sens juridique et historique du terme: isolée, déscolarisée, sans ressource, sans possibilité autre d'hébergement et tenue à l'obligation de prêter ses services sous la contrainte", avait-t-elle estimé, lors de son réquisitoire. La partie civile avait elle parlé de "crime contre l'humanité".
Lors du procès, les détails de la torture ont été évoqué. Tina a raconté comment elle était devenue, selon les mots de son avocate, "l'instrument sexuel" de son père adoptif qui, à partir de 2003, la violait régulièrement sous la menace de coups jusqu'en février 2005, où Linda et sa mère les avaient surpris. Après lui avoir rasé la tête, Linda Okpara lui avait écrasé une cigarette sur la joue et lui avait fait subir des sévices sexuels d'une rare cruauté, selon l'accusation. "Même si cette femme était trompée et violentée par son mari, elle n'avait en aucun cas le droit de réagir avec cette sauvagerie et ce sadisme envers sa propre fille, Tina", a lancé l'avocate générale.
"Joueur réservé, porté sur le sexe"
Au cours du procès, Godwin Okpara, décrit par les experts comme un être à l'intelligence médiocre, est lui apparu comme "écrasé" et absent. "Godwin Okpara n'est pas le monstre dénué de coeur qu'on a voulu décrire : dénué de toute méchanceté, il n'a pas été capable de réfléchir au-delà de son nez", avait affirmé son avocat.
Le sportif avait commencé sa carrière au Racing Club de Strasbourg où il était surnommé "mister no problem". C'est une performance face à l'Inter de Milan qui lui a valu d'être remarqué par différents clubs de football. Selon un ancien proche du joueur, Godwin Okpara a laissé au PSG le souvenir "d'un joueur réservé, porté sur le sexe, qui obéissait au doigt et à l'oeil à sa femme à la forte personnalité".
D'après agence
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