
Les condamnations sont moins lourdes que ce qui avait été requis. La cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Orientales a condamné vendredi à des peines allant de 7 ans de prison à 18 ans de réclusion criminelle quatre des cinq gitans poursuivis pour le meurtre en 2005 à Perpignan de Mohamed Bey Bachir, un franco-algérien de 28 ans, et a acquitté le cinquième. A l'issue d'un délibéré de cinq heures, les jurés n'ont pas suivi les réquisitions de l'avocat général qui avait demandé jeudi des peines comprises entre 4 à 5 ans de prison et 30 ans de réclusion criminelle contre les cinq accusés, aujourd'hui âgés de 18 à 41 ans. David Rufer, 21, ans, dont la présence sur les lieux du drame n'avait pas été formellement établie par l'enquête et contre lequel 18 ans de réclusion avaient été requis, est acquitté. Le verdict a été accueilli dans le calme.
Le meurtre de M. Bey Bachir avait provoqué de vives tensions entre les communautés maghrébine et gitane de la ville. Quelques jours après, un second meurtre, celui d'un Marocain de 42 ans pour une rivalité amoureuse, avait entraîné de violentes émeutes. Justin Paul Ximenez, qui avait, à coups de chaîne, ouvert aux meurtriers la voie du café où la victime s'était réfugiée et contre lequel 30 ans avaient été requis, est condamné à une peine de 18 ans. Giovanni Cargol, l'un des auteurs de la bastonnade mortelle, se voit infliger une peine de 15 ans. L'avocat général avait demandé aux jurés de le condamner à 18 ans de réclusion. Le mineur est pour sa part été condamné à 10 ans. L'avocat général avait dit tenir compte de son âge pour requérir 12 ans de réclusion à son encontre. Le cinquième accusé, Paul Sanchez, contre lequel 4 à 5 ans de prison avaient été requis, est par contre condamné à une peine de 7 ans.
Bandes rivales
Pour ce procès, les mesures de sécurité avaient été renforcées autour du Palais de Justice de Perpignan et dans la ville même. Plus de deux ans après les faits, les Perpignanais n'ont en rien oublié l'ambiance de confrontation entre les communautés gitane et maghrébine des vieux quartiers, encore moins les émeutes du 29 mai 2005. 50 voitures avaient été incendiées et des commerces saccagés.
Les heurts avaient été déclenchés par le meurtre d'un franco-algérien. Dans un premier temps, cet assassinat avait été lié aux tensions inter-communautaires, mais l'enquête a permis d'établir qu'il avait pour origine une rivalité amoureuse. Au cours d'une altercation suivant la dégradation de son véhicule lors du marché dominical, Mohamed Bey Bachir avait blessé Giovanni Cargol, un gitan de 26 ans, d'un coup de couteau au visage. Il avait été ensuite poursuivi par un groupe de gitans et battu à mort dans un petit café d'une rue proche.
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