© AFP/S.KubaniChristian Poncelet réplique au Canard Enchaîné : il a "démenti catégoriquement" mardi soir les "allégations mensongères" proférées à son encontre dans une affaire de trafic d'influence et annoncé dans un communiqué qu'il portait plainte pour "diffamation". Dans une déclaration faite mercredi à sa résidence du Petit Luxembourg, Christian Poncelet s'est dit "victime d'une tentative de déstabilisation."
Le deuxième personnage de l'Etat a indiqué avoir pris connaissance "avec indignation et stupéfaction des allégations mensongères" proférées à son encontre. "Je déments formellement et catégoriquement toutes les accusations portées contre moi. Elles ne reposent sur aucun fondement", a-t-il déclaré. "On veut, à des fins politiques, porter atteinte à mon honneur. Je suis indigné et blessé par ces attaques", a-t-il ajouté.
Marchés publics contre commissions
Il avait déjà expliqué auparavant au Canard qu'il avait "voulu aider des entreprises françaises à s'installer à l'étranger en toute transparence", qu'il "n'avait jamais touché un centime" et n'avait "jamais fait pression sur personne". Selon Le Canard enchaîné, le président du Sénat, soit le deuxième personnage de l'Etat, serait intervenu à plusieurs reprises afin que son "ami" Jean-Claude Bertoldi, qui travaillait pour la Sogea, une entreprise de travaux publics filiale de Vinci, obtienne des marchés publics en France et à l'étranger en contrepartie de commissions. Il s'agit d'un homme d'affaires mis en examen et incarcéré dans le cadre d'une instruction en cours à Créteil pour "escroquerie, abus de biens sociaux et faux en écritures privées", selon une source judiciaire.
Poncelet dément : il a "voulu aider, sans toucher un centime"
Mais Christian Poncelet affirme pour sa part qu'il ne "connaît pas très bien" Bertoldi. Une enquête préliminaire a néanmoins été ouverte, comme l'a confirmé le parquet de Paris : à la suite de la transmission par le parquet de Créteil le 26 avril d'un rapport "évoquant d'éventuels faits de trafic d'influence", le procureur général Laurent Le Mesle a demandé "de procéder à des vérifications".
D'après une source proche du dossier, c'est dans le cadre de cette information judiciaire ouverte à Créteil que des écoutes téléphoniques ont mis en évidence des contacts réguliers entre Poncelet et Bertoldi. Le Canard reproduit ainsi un extrait d'une audition accablante de l'homme d'affaires devant les enquêteurs, dans laquelle ce dernier évoque le versement d'une "commission" de 8.000 euros à Christian Poncelet si la Sogea obtenait un chantier dans les Vosges "grâce à (son) influence". Le président du Sénat, explique le journal, serait intervenu à d'autres reprises, notamment pour la construction du siège de la gendarmerie à Issy-les-Moulineaux, près de Paris. Il aurait assuré à Jean-Claude Bertoldi avoir obtenu gain de cause pour la Sogea. En outre, il aurait rencontré le président du Sénat roumain à la demande de Bertoldi pour faciliter l'implantation d'un magasin Carrefour en Roumanie.
Ce n'est pas la première fois que le nom de Christian Poncelet est ainsi cité dans une procédure judiciaire : il apparaissait dans une enquête préliminaire pour "abus de biens sociaux", classée sans suite en novembre 2006 par le parquet de Paris, sept mois après son ouverture. L'affaire concernait la mise à sa disposition d'une secrétaire payée de 1972 à 2000 par France Télécom.
D'après agence
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