"Perdre la cour d'appel de Metz serait une humiliation"

Par , le 21 juin 2007 à 12h22 , mis à jour le 21 juin 2007 à 13h58

Maître Michel Vorms, avocat à Metz explique à LCI.fr pourquoi les avocats protestent contre la réforme de la carte judiciaire .

Les vaocats de Metz en grève devant le palais de justiceLes vaocats de Metz en grève devant le palais de justice © TF1/LCI

LCI.fr: La réforme de la carte judiciaire que doit présenter Rachida Dati le 25 juin, et jugée "indispensable et incontestable" par Nicolas Sarkozy, inquiète particulièrement les avocats de Metz. Pourquoi?

Maître Michel Vorms, avocat à Metz: Nous refusons que la cour d'appel de Metz soit supprimée par cette réforme. Nous nous opposons aussi à ce que disparaissent les tribunaux de grande instance (TGI) de Thionville et Sarreguemines. Avec cette réforme, l'avenir des petits cabinets d'avocats est menacé et des suppressions d'emplois sont à prévoir. Il n'y a aucun avantage à la réforme de la carte judiciaire, que des inconvénients. C'est une réforme qui va éloigner le justiciable de sa justice et qui apportera des préjudices importants, pour les avocats et pour les justiciables.

LCI.fr: La suppression de la cour d'appel, qui alimente les rumeurs, a un goût particulièrement amer à Metz. Expliquez-nous pourquoi.

M.V: La cour d'appel de Metz avait été supprimée en 1873 par l'occupant allemand avant d'être ré-installée en 1973 par Pompidou. Elle traite notamment des affaires relevant du "droit local" encore en vigueur, et qui est une particularité de l'Alsace-Moselle, que ne connaît pas Nancy par exemple. La perdre de nouveau serait un retour sur le passé, à l'époque de l'annexion, une véritable humiliation pour les Messins. C'est pour cela qu'on ne peut pas l'accepter. Nous sommes très sensibles au sujet de l'annexion.

LCI.fr: Tout le barreau de Metz est en grève "illimitée". D'autres actions sont-elles prévues?

M.V: Nous sommes déterminés à manifester jusqu' à ce que le gouvernement comprenne la menace et le danger que cette réforme constitue pour nous. Quand la rue manifeste, on ne peut pas rester insensible, non ? Nous envisageons aussi de "bloquer sur un compte" les cotisations sociales et professionnelles acquittées par nos cabinets.

Par Stéphanie Morbois le 21 juin 2007 à 12:22
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5 Commentaires

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  • Alexandre, le 21/06/2007 à 18h41

    Il ne faut pas exagérer! Comment les avocats osent-ils parler de l'époque allemande au sujet d'une simple réforme administrative? Bien sûr qu'il faut simplifier l'organisation judiciaire, et supprimer la cour de Metz.

  • Regis, le 21/06/2007 à 18h21

    Depuis le temps que les magistrats humilient les victimes des criminels a travers la trop grande clémence de leurs jugements, ce ne serait pas un mal qu'ils se retrouvent a leur tour humiliés....

  • Nicole, le 21/06/2007 à 18h04

    Voilà qu'on s'en reporte au 19ème siècle pour s'opposer à une réforme! Et si dans les faits des emplois devaient être en danger de disparition il est tout à fait illégitime et scandaleux que ces avocats gèlent les cotisations de leurs employés sur un compte car ils auront bien besoin d'être à jour de ces cotisations pour constituer leurs dossiers d'indemnisation chomage, mais ces notables n'ont que faire sans doute de ces détails. Est-ce légal d'ailleurs ??

  • Alain, le 21/06/2007 à 17h27

    On a voté pour qui ? pour les avocats et leurs intérét ou pour une réforme de cette chienlit

  • JB, le 21/06/2007 à 15h25

    Toujours aussi ouverte aux changement la justice, il faut que tout ces nantis arretent de vivre sur le dos du contribuable

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