Les vaocats de Metz en grève devant le palais de justice © TF1/LCILCI.fr: La réforme de la carte judiciaire que doit présenter Rachida Dati le 25 juin, et jugée "indispensable et incontestable" par Nicolas Sarkozy, inquiète particulièrement les avocats de Metz. Pourquoi?
Maître Michel Vorms, avocat à Metz: Nous refusons que la cour d'appel de Metz soit supprimée par cette réforme. Nous nous opposons aussi à ce que disparaissent les tribunaux de grande instance (TGI) de Thionville et Sarreguemines. Avec cette réforme, l'avenir des petits cabinets d'avocats est menacé et des suppressions d'emplois sont à prévoir. Il n'y a aucun avantage à la réforme de la carte judiciaire, que des inconvénients. C'est une réforme qui va éloigner le justiciable de sa justice et qui apportera des préjudices importants, pour les avocats et pour les justiciables.
LCI.fr: La suppression de la cour d'appel, qui alimente les rumeurs, a un goût particulièrement amer à Metz. Expliquez-nous pourquoi.
M.V: La cour d'appel de Metz avait été supprimée en 1873 par l'occupant allemand avant d'être ré-installée en 1973 par Pompidou. Elle traite notamment des affaires relevant du "droit local" encore en vigueur, et qui est une particularité de l'Alsace-Moselle, que ne connaît pas Nancy par exemple. La perdre de nouveau serait un retour sur le passé, à l'époque de l'annexion, une véritable humiliation pour les Messins. C'est pour cela qu'on ne peut pas l'accepter. Nous sommes très sensibles au sujet de l'annexion.
LCI.fr: Tout le barreau de Metz est en grève "illimitée". D'autres actions sont-elles prévues?
M.V: Nous sommes déterminés à manifester jusqu' à ce que le gouvernement comprenne la menace et le danger que cette réforme constitue pour nous. Quand la rue manifeste, on ne peut pas rester insensible, non ? Nous envisageons aussi de "bloquer sur un compte" les cotisations sociales et professionnelles acquittées par nos cabinets.
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