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| Le compte rendu de l'audience |
Les images sont floues mais les cris de l'enseignante témoignent de la violence de l'agression. C'était un lundi en début d'après-midi. Le 24 avril 2006. Isabelle B., 34 ans, professeur au lycée Lavoisier de Porcheville (Yvelines) s'apprête à donner son cours de Vie sociale et professionnel à des deuxièmes années de BEP. Soudainement, un élève de 18 ans, Abdoullah Welle se jette sur elle. Lui assène une claque, la frappe à l'aide d'une chaise, la roue de coups. Un de ses "camarades", Massire Touré, 19 ans, filme l'agression avec son téléphone portable.
La séquence de 15 secondes fait le tour de la cité du Val Fourré. Le sujet fait la Une des médias et la France découvre le "Happy slapping". Ce terme qui signifie littéralement "donner joyeusement des baffes" consiste à filmer à l'aide de son téléphone, une agression, un vol voire un viol puis de diffuser les images via le Net. Rien de gai dans ce jeu crétin en vogue chez les ados britanniques depuis 2005. Un jeu crétin désormais considéré comme un délit depuis 2007 en France. Et donc un jeu crétin qui mène devant le juge.
"La surenchère des images"
Massire Touré comparaît mardi devant le tribunal correctionnel de Versailles, mis en examen pour "non assistance à personne en danger et atteinte au respect de la vie d'autrui". Le délit est puni de cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende. Il y a trois mois, son compère a été condamné à un an de prison ferme. Abdoullah Well expliquera alors que l'enseignante le cherchait et le provoquait depuis le début de l'année. Lors de son interpellation, un mois après les faits, Massire Touré explique avoir dégainé son portable et filmé le tabassage de sa prof "par réflexe". Sans préméditation.
"Ce type de procès va se généraliser pour endiguer ce nouveau phénomène", estime Me Farajallah. Pour ce spécialiste du droit pénal, "les procureurs vont s'y employer pour ne pas banaliser des violences au départ légères (une simple claque) qui peuvent déraper en des violences beaucoup plus graves. La surenchère des images étant de mise en la matière : ainsi, comme cela s'est déjà produit en Angleterre, un homme est décédé à la suite d'un tabassage filmé et diffusé". Mardi après-midi, trois mois de prison ferme ont été requis à l'encontre de Massire Touré. Le jugement a été mis en délibéré au 27 juin.
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