Procès "Taxi 2": 6 mois avec sursis requis contre Rémy Julienne

Par D.H. (avec agence), le 12 juin 2007 à 21h47 , mis à jour le 12 juin 2007 à 21h52

Rémy Julienne, absent au procès mardi, est poursuivi après la mort accidentelle d'un caméraman en 1999 sur le tournage de "Taxi 2".

Tribunal correctionnel Paris Justice © TF1/LCI

Six mois de prison avec sursis et 6.000 euros d'amende ont été requis mardi contre le chef cascadeur Rémy Julienne, absent pour cause de maladie (lire notre article), devant le tribunal correctionnel de Paris qui examinait l'affaire d'une cascade mortelle survenue lors du tournage de "Taxi 2", le 16 août 1999.

Mardi devant le tribunal, le co-prévenu de Rémy Julienne comme le réalisateur Gérard Krawczyk ont rejeté la responsabilité du drame sur les épaules du chef cascadeur. Après un premier essai "raté" selon Gérard Krawczyk, la cascade avait été rejouée et la voiture avait réalisé un saut plus long que prévu, dépassant les matelas de protection et percutant une caméra et les personnes autour. Gérard Krawczyk a raconté que, fort de son expérience, "Rémy Julienne a déterminé le périmètre de sécurité" et "validé l'emplacement des caméras". "Je n'irai jamais contre une prescription de Rémy Julienne", qualifié de "meilleur cascadeur du monde", a-t-il dit.

"L'improvisation a prévalu"

Mais le procureur a fustigé l'attitude aussi bien de la société de M. Besson, Leelo productions (devenue Europacorp), que de celle de M. Julienne, en charge des cascades. Pour Marie-Odile Dejust, cette cascade a été réalisée "sous le signe de l'empirisme et de la précipitation" et "l'improvisation a prévalu". Selon le procureur, "MM. Besson et Grenet ont refusé cinq essais de cette cascade à hauts risques" - ce qui aurait généré un coût supplémentaire de 18.000 euros. "L'accident aurait été évité si les essais avaient eu lieu", a affirmé Mme Dejust, qui a requis une amende de 12.000 euros contre Bernard Grenet. Rémy Julienne "n'a pas pris toutes les mesures nécessaires pour la sécurité de la cascade" et notamment "négligé les calculs de vitesse et de longueur", selon le procureur.

Se disant très marqué par le drame, Gérard Krawczyk a assuré que désormais pour les cascades de ses films, "il ne fait plus confiance au coordinateur de cascade. Il n'y a plus jamais personne sur le plateau". "J'applique le principe d'ultra-précaution." Après les réquisitions, le procès se poursuivait mardi soir avec les plaidoiries de la défense. Le jugement devrait être rendu dans plusieurs semaines.

Par D.H. (avec agence) le 12 juin 2007 à 21:47
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1 Commentaires

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  • Tourlet, le 13/06/2007 à 00h05

    Qui peut le plus peut le moins, si effectivement des essais supplémentaires qui auraient coûté 18000 euros avaient été envisagés, peut-être que le résultat aurait été différent, en même temps, il n'est pas nouveau que les cascades sont risquées pour ceux qui les font autant que pour ceux qui y assistent. Un accident est un accident. Tous ceux qui ont fait de leur vie ce risque majeur, le savent, et peu d'entre eux ou quasi aucun, chez les professionnels, n'en ont pas la pure conscience. On marche sur un fil, les marges sont aussi faibles que l'émotion du public est intense... That's life. Faut-il là aussi interdire ? Restons chez nous et vivons cachés comme les rats, le bonheur restera dans le pré où nos pieds jamais ne sentiront la fraîcheur de l'herbe au petit matin. A tous, bon courage, et ocntinuez à faire votre métier, en prenant le temps de respirer, et sans mégoter sur des domaines essentiels, faire des économies, vous savez aussi le faire autrement. Salute, amore e fantasia. Ciao a tutti Vé.

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