"L'absence de grâce collective va attiser une tension intenable"

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER, le 09 juillet 2007 à 16h23 , mis à jour le 09 juillet 2007 à 16h26

Interview - Selon FO pénitentiaire, la grâce collective supprimée par Nicolas Sarkozy représentait une "soupape saisonnière" à l'engorgement des prisons.

Prison centrale maison d'arrêt univers carcéral © LCI

LCI.fr : Comment réagissez vous à la décision de Nicolas Sarkozy de ne pas accorder de grâces collectives le 14 juillet prochain ?
 
Christophe Marques FO pénitentiaire surveillant prisonChristophe Marquès, secrétaire général de FO pénitentiaire : C'est l'occasion pour nous, professionnels de l'univers carcéral de l'interpeller sur la situation intenable des détenus en France, pays des Droits de l'homme. Il y a actuellement plus de 60.000 personnes incarcérées pour 50.000 places. Elles vivent dans des conditions intolérables, souvent dans des maisons d'arrêt qui datent d'avant la Seconde Guerre mondiale : entassées à 3 ou 4 dans des cellules de 9 mètres carré, dans la promiscuité, dans la chaleur et surtout dans un climat de tensions quotidiennes...
 
LCI.fr : L'an dernier, 3 500 détenus avaient pu bénéficier de sortie anticipée après remise de peine. 3 500 libérations sur 60 000 détenus, c'est une goutte d'eau, non ?
 
C.M. : Oui, ce n'est pas la libération de 3.500 détenus qui améliore les conditions de détentions de tous les autres et pour cela, c'est une mesure plus symbolique qu'autre chose. Mais c'est une goutte d'eau qui constitue un petit plus durant trois mois. Une grâce collective représente une soupape saisonnière à l'engorgement des prisons. En octobre voire novembre, la situation revient à l'identique puisque 3.500 nouveaux détenus sont arrivés.
 
LCI.fr : Comment la population carcérale a-t-elle réagi en apprenant qu'il n'y aurait pas de grâce collective cette année ?
 
C.M. : Au-delà d'une déception que l'on imagine, les détenus n'ont pas eu de réaction particulière car cela fait longtemps qu'ils sont sous tension. A mon sens, cette absence de grâce ne va faire qu'attiser une situation intenable qui perdure depuis des années. Grâce ou pas, leur quotidien va rester le même dans un environnement surpeuplé avec des mouvements collectifs réduits : moins de douches, moins des promenades quotidiennes, moins d'activités etc.
 
LCI.fr : Puisque les grâces collectives ne semblent pas être la panacée, quelles seraient les solutions à étudier ?
 
C.M. : Il faut développer davantage les peines alternatives à l'incarcération. Beaucoup de détenus sont condamnés à des peines de moins d'un an. Ces gens-là seraient beaucoup plus utiles à la société en effectuant un travail d'intérêt général qu'en tournant en rond dans leur cellule. Il faudrait pouvoir les faire travailler à l'extérieur avec un suivi judiciaire mais il faudrait pour cela que le conseil général et le juge d'application des peines aient confiance. Il faudrait également développer le bracelet électronique et la liberté conditionnelle.
 
LCI.fr : Justement, la ministre de la Justice a promis samedi soir "une politique ambitieuse en faveur des aménagements de peine", c'est une bonne chose, non ?
 
C.M. : Bien évidemment mais beaucoup de ministres l'ont déjà promis sans qu'on puisse en voir les effets. Le problème, c'est il y a eu pas mal de cas de récidive et aujourd'hui, les magistrats rechignent à libérer les détenus. On les comprend. C'est pour cela qu'il faudrait aussi mieux préparer le détenu à la sortie pour augmenter le taux de réinsertion. Qu'il soit en libération conditionnelle ou en travail d'intérêt général, il faut que le détenu puisse être suivi. Pour cela, il faut former du personnel. Nous reparlerons de tout ça avec la ministre de la Justice mercredi prochain lors du Comité d'orientation sur le projet de loi pénitentiaire.

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER le 09 juillet 2007 à 16:23
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27 Commentaires

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  • Jean, le 09/07/2007 à 18h58

    Il me semble que le système pénitencier et judiciaire avec les commissions et les juges des libertés ont la responsabilité des remises de peine , non ?? Alors qu'ils cessent de critiquer la décision parfaitement juste du Président de la République .

  • Jeff, le 09/07/2007 à 18h53

    Ce sont les mêmes qui s'insurgeaient contre le principe du droit de grâce du Président de la 5ème République et taxaient cette exception de monarchique et qui réclament aujourd'hui l'application de la grâce présidentielle quand celle-ci est finalement bien arrangeante!!!!

  • ISABELLE, le 09/07/2007 à 18h44

    Bravo Mr.Sarkozy. Votre prise de position réconforte les victimes. Les bracelets éléctroniques moins chers que l'incarcération peuvent etre facilement mis en place. Il faut se moderniser... Cela va dynamiser la réinsertion. Quand aux gardiens... les fonctionnaires seront les premiers soulagés et en sécurité. Cette méthode peut ramener facilement en dessous des places disponibles en milieu carcéral. Ces bracelets peuvent aussi être mis en place systématiquement à tous les détenus passant en jugement.

  • Thierry, le 09/07/2007 à 18h43

    Avant de penser aux droits des prisonniers il faudrait peut etre penser aux victimes qui eux n' ont plus droit à la parole. Toutes les ames sensibles devraient penser aux familles des victimes qui prennent perpetuité et non pas une peine de prison plus ou moins importante car on parle de vies humaines on va nous rejouer le coup de responsable mais pas coupable. La victime n' a plus aucun droit leur assassin ne devrait pas plus en avoir.Si la perpetuité etait vraiment respectée peut etre que cela serait un peu plus dissuasif.

  • Michel, le 09/07/2007 à 18h19

    Il faut savoir ce que l'on veut! Si nos gouvernants ne font rien vous râlez, si les gouvernants bougent vous hurlez!

  • Jean, le 09/07/2007 à 18h17

    Si les juges ne mettaient pas tant de gens en détention provisoire , la situation de surpeuplement carcéral ne serait peut-etre pas celle qui est décrite actuellement . Premier point . Combien de détenus en attente de jugement ? On ne cesse d'entendre de la part de ces mêmes juges qu'il y a atteinte à l'indépendance de la justice quand un politique émet la moindre critique . Alors pourquoi s'émouvoir de la décision du Président de la République de ne pas accorder de grâce collective à l'occasion du 14 Juillet ? Il a tout à fait raison et n'interfère donc pas dans les jugements rendus par les magistrats . Deuxième point .

  • Bidou, le 09/07/2007 à 18h09

    Casser le thermomètre n'a jamais fait baisser la fièvre. Je ne voudrais pas être à la place d'une victime qui rencontre son agresseur narquois libéré le 15 juillet. On devrait dire aux magistrats ce que les délinquants pensent d'eux et ce qu'ils en disent après avoir été libérés. Les magistrats sont considérés par les victimes et par les agresseurs comme des jean-foutres. Mieux vaut peut-être qu'ils ne le sachent pas. A qui la faute ?

  • Rémy, le 09/07/2007 à 18h03

    En reponse a se brave Thomas ,je te souhaite de ne pas faire de delis de grande vitesse ou d'avoir des enfants qui auront fumer un pétard,ou etre en prison pour avoir manifester pour,défendre ton salaire,tu me donneras raison certainement dans quelques temps,vu ou nous ménerat notre bon Nicolas

  • Frédérique, le 09/07/2007 à 17h58

    Vos réactions m'écoeurent...Je ne comprends pas un tel manque de jugement devant une situation aussi explosive et scandaleuse.Bien sûr que ces gens ont mérité d'être en prison mais c'est à nous de montrer qu'on peut les ré-éduquer pour les réinsérer dans la société et non les entasser comme du bétail dans des endroits exigûs et sans hygiène.A vous entendre,on se demande vraiment si la France est le pays des droits de l'homme.Vous préfèreriez peut-être le rétablissement de la peine de mort:cela ferait de la place???!!!

  • Dolignon, le 09/07/2007 à 17h43

    Et oui il y a dans ce bas monde des tas de petit cons comme thomas qui je suppose qui faut marche les francais a coup de matraque tout le monde peut faire des erreurs dans la vie je parle pour les petits delits

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