© Rachida Dati devant le Sénat/DR![]() |
Quand Dati défend son texte |

Badinter attaque, Dati sur la défensive
C'était son baptême du feu parlementaire. Pour la première fois à la tribune, la ministre de la Justice Rachida Dati a présenté au Sénat son projet de loi de lutte contre la récidive qu'elle a présenté comme un texte "ferme mais juste et qui préserve l'équité". Il instaure des peines plancher et écarte dans certains cas l'excuse de minorité pour les 16-18 ans. (Les principaux points du projet de loi en cliquant ici).
"Le projet de loi n'instaure pas de peines automatiques", a déclaré la ministre, déplorant les "caricatures qui, à partir d'une vision mécanique, ont fait dire que la loi aurait pour effet d'augmenter le nombre des détenus". "Même en cas de récidive, le juge pourra prononcer une peine inférieure aux minima prévus par la loi à raison des circonstances de l'infraction, de la personnalité de l'auteur, des garanties d'insertion ou de réinsertion", a-t-elle souligné.
Cette France exaspérée
Répondant à ses détracteurs, Rachida Dati a assuré que "la majorité pénale reste fixée à 18 ans", que "tous les mineurs, même ceux de plus de 16 ans, demeureront jugés par des juridictions pour mineurs" et que "le principe de l'atténuation pénale est maintenu". Ce n'est que "par exception" que "certains mineurs de plus de 16 ans condamnés trois fois pour des faits particulièrement graves encourront les mêmes peines que les majeurs", a-t-elle insisté, présentant son projet de loi comme "un signal de fermeté envoyé à des délinquants endurcis".
"L'insécurité, les incivismes, l'impunité de certains exaspèrent nos concitoyens. Nous devons apporter une réponse ferme à cette France exaspérée dont l'obsession, comme je l'ai entendu ici ou là, n'est pas une obsession sécuritaire mais une demande légitime de sécurité et de tranquillité", a résumé la ministre. Le Sénat a adopté jeudi le principe de peines plancher pour les récidivistes, et s'apprêtait à voter dans la soirée l'ensemble du dispositif de lutte contre la récidive.
| Badinter juge le texte "potentiellement dangereux" |
Lors du débat qui a suivi, l'ancien ministre de la Justice Robert Badinter a, au nom du Parti socialiste, jugé le texte"inutile, implicitement vexant pour les magistrats et potentiellement dangereux". Par ailleurs, syndicats de magistrats, de travailleurs sociaux, de médecins, formations de gauche opposent un front commun au texte, porteur d'un "acharnement répressif" selon Ange Legeard, président de la Fédération des associations réflexion et action prison et justice (Farapej). Ses adversaires dénoncent "une machine à punir indifférente aux réalités des personnes qu'elle est amenée à juger", en contradiction avec le principe d'individualisation des peines, selon un appel lancé par le Syndicat de la magistrature (classé à gauche) et signé par plusieurs organisations (PCF, Verts, Ligue des droits de l'Homme, Union syndicale de la psychiatrie...). Le volet sur les mineurs et le possible abandon pour les 16-18 ans de l'excuse de minorité, qui divise par deux les peines, a ému jusqu'à la Défenseure des enfants, l'ancienne ministre Dominique Versini, rejointe par une pétition signée par des professionnels de l'enfance sur le thème "les adolescents ne sont pas des adultes". |
Retour MYTF1

Chargement en cours...




