Les pompiers sur le site de l'usine AZF © LCI/TF1Le procès de l'affaire de l'explosion d'AZF à Toulouse devrait s'ouvrir en 2008. Les renvois devant le tribunal correctionnel de l'ancien directeur Serge Biechlin et de Grande Paroisse (groupe Total) en qualité de personne morale, notifiés dans l'ordonnance de renvoi du juge d'instruction Thierry Perriquet sont conformes "pour l'essentiel" au réquisitoire définitif du parquet de Toulouse remis début juillet. Le procureur de la République Paul Michel a indiqué qu'il jugera "du moment opportun pour la tenue du procès en tenant compte de divers paramètres".
Début mai, le rejet de dernières demandes de nouvelles investigations sur l'explosion avait donné le signal de la fin de l'instruction et ouvert la voie à ce procès. Serge Biechlin et Grande Paroisse, respectivement mis en examen depuis mai 2006 et juin 2002, devront également répondre de "destructions de biens", a indiqué l'Association des familles endeuillées, qui rassemble de nombreuses familles ayant perdu l'un des leurs dans l'explosion du 21 septembre 2001.
Des preuves dissimulées
Douze autres personnes, parmi lesquelles un manutentionnaire soupçonné d'être à l'origine du mélange chimique, poursuivies pour les mêmes raisons, avaient, elles, bénéficié d'un non-lieu durant l'instruction. L'association des familles endeuillées a décidé de faire appel de trois non-lieux figurant dans l'ordonnance de renvoi.
Les deux premiers concernent les infractions "de mise en danger de la vie d'autrui" et "d'entrave à l'enquête pénale". L'association a également relevé appel du troisième non-lieu pour "les infractions au droit au travail", qui avaient été, selon elle, notées par l'Inspection du travail et particulièrement "l'abus de sous-traitance".
Une secousse équivalente à un seisme de 3,4 degrés
De son côté, l'avocat de Grande Paroisse Me Daniel Soulez-Larivière a indiqué qu'il n'avait pas "la possibilité procédurale de faire appel". "La lecture du réquisitoire définitif n'a répondu à aucune question de la défense", a déclaré le défenseur qui a renouvelé sa réserve concernant le rapport des experts sur les causes de l'explosion.
Les experts ont retenu l'hypothèse d'un mélange malencontreux de quelques kilos de DCCNa (un produit chloré) avec 500 kilos de nitrate d'ammonium déversés sur le tas principal de nitrate, 20 minutes avant l'explosion, une thèse accidentelle réfutée par Total. L'explosion de l'usine AZote Fertilisant (AZF) avait provoqué une secousse équivalente à un séisme de 3,4 degrés sur l'échelle de Richter. L'onde de choc avait soufflé ou endommagé de nombreux bâtiments à des kilomètres à la ronde, et des milliers de personnes avaient été blessées.
Avec Agence
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