AZF : vers un procès en 2008

le 11 juillet 2007 à 19h52 , mis à jour le 11 juillet 2007 à 22h33

L'ex-directeur de l'usine de Toulouse, et la société Grande Paroisse ont été renvoyés mercredi en correctionnelle pour "homicides et blessures involontaires".

Les pompiers sur le site de l'usine AZFLes pompiers sur le site de l'usine AZF © LCI/TF1

Le procès de l'affaire de l'explosion d'AZF à Toulouse devrait s'ouvrir en 2008. Les renvois devant le tribunal correctionnel de l'ancien directeur Serge Biechlin et de Grande Paroisse (groupe Total) en qualité de personne morale, notifiés dans l'ordonnance de renvoi du juge d'instruction Thierry Perriquet sont conformes "pour l'essentiel" au réquisitoire définitif du parquet de Toulouse remis début juillet. Le procureur de la République Paul Michel a indiqué qu'il jugera "du moment opportun pour la tenue du procès en tenant compte de divers paramètres".  

Début mai, le rejet de dernières demandes de nouvelles investigations sur l'explosion avait donné le signal de la fin de l'instruction et ouvert la voie à ce procès. Serge Biechlin et Grande Paroisse, respectivement mis en examen depuis mai 2006 et juin 2002, devront également répondre de "destructions de biens", a indiqué l'Association des familles endeuillées, qui rassemble de nombreuses familles ayant perdu l'un des leurs dans l'explosion du 21 septembre 2001.

Des preuves dissimulées 

Douze autres personnes, parmi lesquelles un manutentionnaire soupçonné d'être à l'origine du mélange chimique, poursuivies pour les mêmes raisons, avaient, elles, bénéficié d'un non-lieu durant l'instruction. L'association des familles endeuillées a décidé de faire appel de trois non-lieux figurant dans l'ordonnance de renvoi.
 
Les deux premiers concernent les infractions "de mise en danger de la vie d'autrui" et "d'entrave à l'enquête pénale". L'association a également relevé appel du troisième non-lieu pour "les infractions au droit au travail", qui avaient été, selon elle, notées par l'Inspection du travail et particulièrement "l'abus de sous-traitance".

Une secousse équivalente à un seisme de 3,4 degrés
 
De son côté, l'avocat de Grande Paroisse Me Daniel Soulez-Larivière a indiqué qu'il n'avait pas "la possibilité procédurale de faire appel". "La lecture du réquisitoire définitif n'a répondu à aucune question de la défense", a déclaré le défenseur qui a renouvelé sa réserve concernant le rapport des experts sur les causes de l'explosion.
 
Les experts ont retenu l'hypothèse d'un mélange malencontreux de quelques kilos de DCCNa (un produit chloré) avec 500 kilos de nitrate d'ammonium déversés sur le tas principal de nitrate, 20 minutes avant l'explosion, une thèse accidentelle réfutée par Total. L'explosion de l'usine AZote Fertilisant (AZF) avait provoqué une secousse équivalente à un séisme de 3,4 degrés sur l'échelle de Richter. L'onde de choc avait soufflé ou endommagé de nombreux bâtiments à des kilomètres à la ronde, et des milliers de personnes avaient été blessées.

Avec Agence
 

le 11 juillet 2007 à 19:52
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7 Commentaires

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  • Roger, le 12/07/2007 à 07h43

    Tout le monde et les experts l'ont démontré, sait très bien que le mélange incriminé ne peut exploser que s'il est porté à très haute température. Cette température peut être atteinte en faisant exploser un engin explosif ( tous les témoins ont entendu 2 explosions ), mais c'ets plus facile d'accuser TOTAL, à l'époque juste après le 11 septembre aux states celà aurait créé la panique d'annoncer un attentat en France pourtant ca en est bien un.

  • Anissa, le 12/07/2007 à 07h14

    Sa me rapel des souvenirs.... J'étais au collége en 4 eme, j'etais en cours de technologie.Et le hasard a fait que mon prof ma fait changer de place car je "parler trop". 10 minutes plus tard un grand souffle et boom les vitres en explosé et les faux murs se sont effondré.Heuresement pour moi mon prof ma changer de place sinon j'aurais reçu les brisure de vitre en plein visage. 10 Jours apres les attentats de new york, un hasard mais qui ma fait bien peur !!!!!

  • Benoît, le 12/07/2007 à 00h02

    Bizarre, personne(presque) ne parle (presque)jamais de la thèse du court-circuit qui a eu lieu au même moment dans l'usine voisine à AZF. Un reportage TV avait pourtant mis en évidence le coté fort intrigant du cas de cet 'incident électrique'. Or le parcours du courant de court circuit (dans le sol) semblait justement pouvoir passer tout juste sous le hall qui a explosé. Et tout professionnel de l'électricité sait mettre en relation courant élevé(le court-circuit) + pièce métalique(la structure du hall, voir le ferraillage de la dalle) = différence de potentiel (donc probable étincelles) si ont met le tout sous un hall de produit explosif .... cela semble trop évident et pourtant tellemnt occulté ! Journalistes, continuez à gratter ! il y certainement encore des chose à découvrir dans cette direction !

  • Ll, le 11/07/2007 à 22h43

    Il faut croire que la justice est à 2 vitesses; l'affaire Clearstream est plutôt bien partie ... AZF 2008 ???

  • ORCIOLI, le 11/07/2007 à 22h42

    Cet article remue ravive des souvenirs douloureux car j'habitais une avenue toute proche d'azf (avenue de Muret pour ceux qui connaissent) le jour de ce drame. J'ai fait partie des "chanceux" qui avaient quitté leur domicile à ce moment là. De retour chez moi, j'ai croisé tous ces gens blessés, vu toutes ses vitrines et ses maisons démolies, l'enfer quoi!!! J'ai sursauté longtemps après au moindre claquement de porte et je soutiens toujours profondément ceux qui ont perdu quelq'un dans cette tragédie. Mais saurons nous un jour la vérité, toutes les versions ont été avancées, ce procés fera-t-il la lumière sur ce qu'attendent les familles de disparus, la vérité ?

  • Dureau, le 11/07/2007 à 21h39

    Sans doute l'un des plus beaux exemples d'intox de ces dernières années. Ce qui est derrière : la mise en cause de la SNPE donc de l'Etat qui ne veut surtout pas payer. il est plus facile de faire porter le chapeau à TOTAL.

  • Michel, le 11/07/2007 à 20h26

    Ce procès va se terminer par l'accusation d'un deuxième couteau car les enjeux et la puissance industriels, politiques et économiques, sont tels, font que les plaignants aussi, en seront les principales victimes. Compliqué.

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