Dominique de Villepin © TF1-LCIDominique de Villepin, mis en cause dans l'affaire Clearstream, est de nouveau convoqué, "fin juillet", chez les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons. Selon un de ses avocats, Me Olivier d'Antin, cette convocation devrait avoir lieu le 27 juillet et l'ancien Premier ministre compte "bien sûr" se rendre à ce rendez-vous. Dans un communiqué publié mardi, l'ancien Premier ministre indique que les juges "envisagent de le mettre en examen", mais il réaffirme avoir agi "strictement dans le cadre de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères et de ministre de l'Intérieur" et dément "toute implication pénale dans ce dossier".
Selon une source judiciaire, trois scénarios sont alors possibles : soit le ministre reconnaît la compétence des juges et accepte de répondre à leurs questions, soit il refuse de leur répondre et fait appel de sa mise en examen devant la chambre de l'instruction, soit enfin, il peut saisir la chambre criminelle de la Cour de cassation pour obtenir le déssaisissement des juges de droit commun au profit de la Cour de justice de la République.
Avec l'accord de Villepin
La semaine dernière, les juges avaient perquisitionné son domicile ainsi qu'un de ses bureaux. Ils cherchent toujours à connaître le rôle exact dans l'affaire Clearstream de Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères. Car d'après les notes du général Rondot, Dominique de Villepin serait à l'origine de la dénonciation à la justice de toute une série de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, prétendument corrompues.
Mais selon le magazine Paris Match à paraître jeudi, le Général Philippe Rondot a affirmé mardi après-midi aux juges avoir voulu détruire ses notes après avoir obtenu l'accord de l'ancien Premier ministre, Ces notes inédites suggèrent que l'ancien Premier ministre aurait participé à une manipulation politique visant à déstabiliser Nicolas Sarkozy (voir notre article)
Entendu en décembre dernier comme témoin, l'ancien Premier ministre avait alors nié avoir été informé de la transmission à la justice de listings (qui devaient s'avérer truqués) de comptes de la banque luxembourgeoise Clearstream, dans lesquels figuraient des noms et des numéros de comptes de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, censées avoir touché de l'argent en marge de la vente des frégates de Taïwan en 1991.
| LES REACTIONS DES POLITIQUES |
André Vallini (PS): "Il faut que dans l'affaire Clearstream les juges puissent faire leur travail en toute indépendance et en toute sérénité. Il ne faut pas trop en parler, il faut les laisser travailler tranquillement". Georges Tron (UMP): "La mise en examen est inéluctable compte-tenu des derniers rebondissements. Il appartient à Dominique de Villepin de faire en sorte de démontrer clairement qu'il a lui-même des éléments de réponse à apporter." Michèle Delaunay (PS): "Il faut se méfier des effets d'annonce et de l'agitation politique. Nous devons être d'une immense prudence, parce que ce serait catastrophique pour l'image de la démocratie". |
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