"Le contrôleur des prisons devrait pouvoir faire des visites inopinées"

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER, le 31 juillet 2007 à 16h37 , mis à jour le 31 juillet 2007 à 18h04

Alors que le texte de Rachida Dati est étudié au Sénat depuis mardi, syndicats et association apportent leurs critiques.

Prison centrale maison d'arrêt univers carcéral © LCI

La Garde des Sceaux, Rachida Dati, a défendu mardi devant le Sénat le projet de loi créant un contrôleur général de près de 6.000 lieux de privation de liberté : prisons, hôpitaux psychiatriques, locaux de garde à vue, centres de rétention administrative...
 
Le Sénat a décidé que le Contrôleur général serait nommé "par décret du président de la République, après avis de la commission compétente de chaque assemblée". Dans sa rédaction initiale, le texte, que les sénateurs, à l'unanimité, ont souhaité amender sur proposition du rapporteur de la commission des Lois Jean-Jacques Hyest (UMP), se bornait à évoquer un nomination "par décret". Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté serait chargé de contrôler "le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté" et les "conditions de leur prise en charge".
 
Devant les sénateurs, la ministre de la Justice a précisé qu'il disposerait d'un budget de 2,5 millions d'euros et d'un effectif de 18 emplois "peut être revus à la hausse les années suivantes en fonction des besoins", en réponse aux critiques des syndicats et des associations. Si tous se félicitent de ce texte sur le principe, les réserves affluent quant à ses modalités.

Ce qu'il faudrait, selon Patrick Delouvin du pôle France d'Amnesty international

"Le texte devrait prévoir un lien formel entre le contrôleur français et celui du sous-comité des Nations Unies qui peut lui aussi se rendre dans les lieux d'enfermement. Par ailleurs, le texte limite les visites du contrôleur "aux territoires de la République française", excluant les cas de privation de liberté par des forces militaires ou de police françaises à l'étranger. Là, il faudrait, selon nous, élargir ses compétences aux territoires placés sous le contrôle français.

Ensuite, le contrôleur devrait pouvoir faire des visites inopinées, seule garantie d'une action efficace. Pour le moment ces visites impromptues sont une exception. Il faudra évidemment des moyens conséquents. En Angleterre, le contrôleur est assisté de 41 personnes pour 150 prisons. Visiter les lieux, apprendre à les connaître, pouvoir y retourner, suppose du monde.

La nomination "par décret" du Contrôleur général n'est pas suffisante : celui-ci doit aussi être nommé en tant que personne qualifiée au terme d'une procédure transparente. Je ne pense pas que le nom d'Arno Klarsfeld qui circule pour ce poste réponde à une indépendance totale. Il faut que cette personne suscite la confiance de toutes les administrations, qu'elle représente un crédit incontestable auprès des Nations unies. Il faudrait également que le contrôleur puisse rendre public le rapport de chacune de ses visites. Pour le moment, le texte ne prévoit la publication que d'un rapport par an. Enfin, la possibilité de saisine est limitée au Premier ministre et membres du gouvernement. Les associations elles, ne peuvent que dire, sans saisir. Il faudrait qu'elles le puissent..."


Ce qu'il faudrait, selon David Besson, secrétaire général adjoint du premier syndicat de surveillants de prison (UFAP/Unsa)

"Il faudrait déjà rendre opérationnel les moyens de contrôles déjà existants plutôt que de créer une énième autorité. Il y a déjà la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), qui émet des avis sur les fautes déontologiques en milieu carcéral et peut saisir les autorités compétentes en vue de sanctions disciplinaires ou pénales. Chaque année, le préfet doit visiter l'établissement de son département et transmettre son rapport au ministre concerné.

Les autorités judiciaires doivent elles aussi visiter des établissements ; à part le Juge d'application des peines, peu le font. Les parlementaires ont eux aussi accès aux établissement mais ils n'y vont pas sauf quand le détenu s'appelle José Bové... Ensuite comme le souligne d'autres organismes, le contrôleur devrait être obligé de donner suite aux demandes de visites des associations et des syndicats. Il devrait pouvoir entendre les deux parties, le demandeur et le contrôlé avant de leur transmettre son rapport."

 

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER le 31 juillet 2007 à 16:37
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3 Commentaires

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  • PM, le 01/08/2007 à 07h52

    Et quand créera-t-on un visiteur de victimes???

  • Jojo, le 31/07/2007 à 23h22

    A chaque fois il s agit de rendre plus agreable l existence des delinquants qui ont a paye une dette envers la societe la prison de doit pas etre le club med a quant un controleur pour les victimes qui sont ds leur prison sans barreaux et qui souffrent surement plus que leur bourreaux

  • MICHAL, le 31/07/2007 à 18h38

    5500 PRISONS ???A CONTROLER?? ???VOIR PLUTOT 7500 ???ILY A DU BOULOT DES VISITES ///// NE RENTRE PAS?//DANS UN CONTROLE ???? VOIR DANS QUEL ???TRANSPARENCE MAIS CEPENDANT JE DONNE DES POINTS CAR ILY FAUT PENDAND 2 ANNEES UN MINIMUM DE47 PERSONNES COMPATIBLES EN PLUS UN CONTROLEUR GENERAL.ON SAURA POUR LES FRANçAIS //L HORREUR OU IL VIVENT DEPUIS 7ANNEES ON A RIEN FAIT VOIR PLUS.

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