© LCILa Garde des Sceaux, Rachida Dati, a défendu mardi devant le Sénat le projet de loi créant un contrôleur général de près de 6.000 lieux de privation de liberté : prisons, hôpitaux psychiatriques, locaux de garde à vue, centres de rétention administrative...
Le Sénat a décidé que le Contrôleur général serait nommé "par décret du président de la République, après avis de la commission compétente de chaque assemblée". Dans sa rédaction initiale, le texte, que les sénateurs, à l'unanimité, ont souhaité amender sur proposition du rapporteur de la commission des Lois Jean-Jacques Hyest (UMP), se bornait à évoquer un nomination "par décret". Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté serait chargé de contrôler "le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté" et les "conditions de leur prise en charge".
Devant les sénateurs, la ministre de la Justice a précisé qu'il disposerait d'un budget de 2,5 millions d'euros et d'un effectif de 18 emplois "peut être revus à la hausse les années suivantes en fonction des besoins", en réponse aux critiques des syndicats et des associations. Si tous se félicitent de ce texte sur le principe, les réserves affluent quant à ses modalités.
Ce qu'il faudrait, selon Patrick Delouvin du pôle France d'Amnesty international |
"Le texte devrait prévoir un lien formel entre le contrôleur français et celui du sous-comité des Nations Unies qui peut lui aussi se rendre dans les lieux d'enfermement. Par ailleurs, le texte limite les visites du contrôleur "aux territoires de la République française", excluant les cas de privation de liberté par des forces militaires ou de police françaises à l'étranger. Là, il faudrait, selon nous, élargir ses compétences aux territoires placés sous le contrôle français. |
Ce qu'il faudrait, selon David Besson, secrétaire général adjoint du premier syndicat de surveillants de prison (UFAP/Unsa) |
"Il faudrait déjà rendre opérationnel les moyens de contrôles déjà existants plutôt que de créer une énième autorité. Il y a déjà la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), qui émet des avis sur les fautes déontologiques en milieu carcéral et peut saisir les autorités compétentes en vue de sanctions disciplinaires ou pénales. Chaque année, le préfet doit visiter l'établissement de son département et transmettre son rapport au ministre concerné. |
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Ce qu'il faudrait, selon Patrick Delouvin du pôle France d'Amnesty international
Ce qu'il faudrait, selon David Besson, secrétaire général adjoint du premier syndicat de surveillants de prison (UFAP/Unsa)
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