Claude Lipsky à l'ouverture de son procès devant le TGI de Versailles pour des placements supposés fictifs (21 mai 2007) © TF1/LCILe tribunal correctionnel de Versailles doit rendre aujourd'hui son jugement concernant Claude Lipsky. Trente ans après le scandale politico-financier du Patrimoine foncier qui lui avait déjà valu en 1976 une condamnation à huit ans de prison, la peine maximale de cinq ans de prison a été requise contre celui que l'on surnomme "l'Escroc du siècle". Accusé dans cette nouvelle affaire d'une vaste escroquerie aux faux placements, Lipsky, jugé pour "escroquerie" et "abus de confiance", avait créé la surprise après trois semaines de procès en reconnaissant avoir été l'instigateur de l'arnaque. Hospitalisé depuis la deuxième semaine de son procès, il ne devrait pas être présent pour entendre le jugement. Bourrelé par le remord au crépuscule de sa vie, s'il faut en croire son avocat, Lipsky a promis aux parties civiles 1,5 million d'euros, fruit de la vente d'une de ses sociétés civiles immobilières.
Une somme presque symbolique au regard du montant de l'arnaque : 30 millions d'euros. Entre 1987 et 1999, ce sont toute les économies de 430 militaires basés en Afrique qui leur avaient été soutirées contre des promesses de placements aux taux alléchants obtenus grâce à un logiciel miracle. Tout le génie de "l'Escroc du siècle" semble avoir été de s'appuyer sur une banque suisse lui garantissant une couverture prestigieuse et sur deux hauts-gradés de l'armée lui apportant une caution morale auprès de ses clients.
Lipsky, seul à avoir avoué
Cinq ans de prison, dont deux assortis du sursis, ont d'ailleurs été requis contre le lieutenant-colonel Claude Derusco, et cinq ans de prison, dont trois avec sursis, contre le général Pierre Haubois, désignés par le ministère public comme les "assistants du prestidigitateur". Une amende de 700.000 euros a été requise à l'encontre de la banque suisse Sofipriv, aujourd'hui Société bancaire privée (SBP), qualifiée "d'intermédiaire indispensable" par la procureure. De 1987 à juin 1998, la banque est en effet soupçonnée d'avoir relayé les activités de Lipsky, lui offrant un compte, des locaux, du personnel et des mandats dans la kyrielle des sociétés off shore qu'il avait montées.
Autant d'accusations rejetées par les complices présumés qui ont tout au long des débats, farouchement nié une quelconque implication dans l'affaire, avançant "naïveté", "bonne foi" et "ignorance" face au "génie diabolique de Lipsky".
D'après agence
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