Dominique de Villepin lors de sa conférence de presse mensuelle le 1er mars 2007 © TF1/LCIL'ex-Premier ministre Dominique de Villepin est mis en cause dans l'affaire Clearstream par une expertise judiciaire sur l'ordinateur du général Philippe Rondot, figure centrale du dossier interrogé mercredi comme témoin assisté. L'expertise ajoutée au dossier le 27 juin révèle des éléments qui n'avaient pas été versés dans la procédure jusqu'alors. Ces éléments étaient renfermés dans l'ordinateur portable de l'ancien militaire dans lequel sa secrétaire lui transférait tous ses courriers.
Ces éléments désignent notamment l'ex-chef du gouvernement comme étant à l'origine de la rencontre secrète en 2004 entre Jean-Louis Gergorin et le juge Renaud van Ruymbeke qui devait recevoir par la suite, anonymement, mais en réalité de la part de M. Gergorin, des listings Clearstream truqués. Selon l'une des sources proches du dossier, l'envoi des listings à la justice est évoquée dans une "note informatique" du général comme une idée émanant de l'ex-premier ministre.
"Balancer Sarkozy
Selon France Info, cette note laisse apparaître que l'idée de l'envoi des listings à M. van Ruymbeke aurait été suggérée à la demande du président de la République Jacques Chirac. Selon une autre source proche du dossier, Jean-Louis Gergorin aurait dit à Imad Lahoud mis en cause dans le dossier - qui l'a rapporté au général Rondot - que Dominique de Villepin lui avait demandé sur ordre de Jacques Chirac d'adresser les listings à la justice. "Jean-Louis Gergorin aurait reçu instruction de Dominique de Villepin, elle-même formulée par le président de la République, de +balancer+ Nicolas Sarkozy", précise France Info qui cite une partie de la note.
On apprend par ailleurs dans Le Figaro, que le 26 mai 2004, le général Rondot a écrit : "Lors d'un entretien avec Jean-Louis Gergorin, le 4 mai 2004, j'ai appris que, après avoir reçu, selon lui, des instructions de Dominique de Villepin huit jours auparavant, il avait été décidé de parler au juge Van Ruymbeke". Il poursuit : "Lors d'un entretien que Jean-Louis Gergorin a eu avec Dominique de Villepin le 19 mai, ce dernier se serait montré à la fois jubilatoire mais surtout soucieux de ne pas apparaître dans le scénario".
Un rebondissement qui va à l'encontre des déclarations faites par Dominique de Villepin devant les juges d'instruction, au mois de décembre. Entendu comme témoin, l'ancien premier ministre avait alors nié avoir été informé de la transmission de listings à la justice. Dans ces listings figuraient des noms et des numéros de comptes de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, censées avoir touché de l'argent en marge de la vente des frégates de Taïwan en 1991, sur des comptes à l'étranger répertoriés chez Clearstream au Luxembourg. Mercredi, le général Rondot, qui a été interrogé pendant près d'une dizaine d'heures par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons a répondu aux questions des juges sur le contenu de cet ordinateur.
(D'après agence)
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