Gergorin accable Chirac et Villepin

le 19 juillet 2007 à 08h14 , mis à jour le 25 juillet 2007 à 12h39

Entendu par les juges mercredi, l'ex dirigeant d'EADS avance que le général Rondot a été chargé d'enquêter sur les listings falsifiés par Dominique de Villepin et Jacques Chirac.

TF1/LCI : Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, mis en examen dans l'affaire ClearstreamJean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, mis en examen dans l'affaire Clearstream © TF1/LCI

Au cours de son audition marathon, qui a duré plus de onze heures, l'ex-vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin a directement mis en cause Dominique de Villepin et Jacques Chirac et confirmé le contenu de notes inédites du général Philippe Rondot.

Dans une première note du 26 mai 2004, le général Rondot relatait un entretien avec Jean-Louis Gergorin, le 4 mai 2004, où celui-ci aurait affirmé "avoir reçu des instructions  de Dominique de Villepin, huit jours auparavant, de parler au juge van  Ruymbeke". Selon une source proche du dossier, Jean-Louis Gergorin a confirmé durant son audition que l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac lui avait demandé, courant mai 2004, de saisir un  juge en lui précisant  : "C'est une instruction du président de la République".

Jean-Louis Gergorin a cependant déclaré aux juges que Dominique de Villepin était à ce moment-là convaincu, comme lui-même, de la véracité des listings à l'origine de cette dénonciation, dont l'enquête  judiciaire a par la suite démontré la fausseté. En mai et juin 2004, le juge Renaud Van Ruymbeke avait reçu des lettres anonymes accompagnés de listings financiers accusant faussement des  personnalités, dont Nicolas Sarkozy, de détenir des comptes occultes à la société financière Clearstream.

"Alliot-Marie ne devait pas être au courant"

Toujours selon Jean-Louis Gergorin, Dominique de Villepin lui aurait demandé le 1er janvier 2004 une note sur les listings de Clearstream sur instruction de Jacques Chirac, a  indiqué une source proche du dossier. Toujours selon l'ex-vice-président d'EADS, c'est également sur instruction du président que Dominique de Villepin aurait demandé au général Rondot d'enquêter sur ces listings, lors de la réunion du quai d'Orsay du 9 janvier 2004.

Selon Le Monde, Jean-Louis Gergorin a indiqué aux juges que Dominique de Villepin aurait cité lors de cette rencontre le nom de Patrick Ollier, député UMP et compagnon de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, en enjoignant au général  Rondot de ne pas rendre compte de son enquête à sa ministre de tutelle. Selon le Figaro.fr, ils se seraient entendus pour observer "le secret le plus absolu sur les résultats" de l'enquête, et que "Michèle Alliot-Marie ne devait pas être au courant" en raison "du risque de fuites liées à son compagnon Patrick-Ollier", qui fait partie des personnalités politiques citées dans les faux  listings Clearstream.

L'ancien vice-président d'EADS a expliqué aux juges avoir rencontré Dominique de Villepin à neuf reprises entre janvier et septembre 2004, pour le tenir informé des  développements de l'affaire. Durant ces entretiens, Dominique de Villepin faisait régulièrement référence à des instructions de Jacques Chirac. L'audition de Jean-Louis Gergorin doit reprendre vendredi après-midi. Les juges d'Huy et Pons ont convoqué l'ancien Premier ministre le 27 juillet  en vue de sa mise en examen notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse".

D'après agence

 


 

le 19 juillet 2007 à 08:14
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2 Commentaires

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  • GOERGEN JL, le 19/07/2007 à 10h02

    Beaucoup de vent et peu de personne sous les barreaux je constate encore un fois que les entreprises dont l'ingérance de l'état est souveraine ( ELF ) servent à financer les agissements politique Comment continuez à faire se tapage au lieu de sévire de façon exemplaire surtout sur l'ancien patron DE EADS

  • Alain, le 19/07/2007 à 09h46

    Que de temps, d'énergie, et finalement nos impots (même allégés) gaspillés pour arriver à quelques mois avec sursis (au mieux ou au pire selon la façon dont on regarde les choses) dans quinze ans. Y en a qui s'em... vraiment dans leur bureau pour passer leur temps à ça. Et après la justice pleure qu'elle manque de moyens !

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