Imad Lahoud, arrivant pour son audition dans le cadre de l'affaire Clearstream, le 19 juillet 2007 © LCIL'audition n'a duré que trois heures. L'ancien cadre d'EADS Imad Lahoud, interrogé par les juges dans le cadre de l'affaire Clearstream, est resté campé sur ses positions. Il a réaffirmé "ne connaître ni Dominique de Villepin, ni Jacques Chirac" et plus largement dit ignorer le "rôle des politiques" dans ce dossier. Il a ainsi "démenti", comme il l'avait déjà fait, les propos que lui "prête le général Rondot", témoin-clef dans ce dossier, dans des notes récemment révélées impliquant l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin.
Dans l'une d'elles, le gradé fait ainsi référence à une conversation qu'il aurait eue en juin 2004 avec Imad Lahoud, au cours de laquelle ce dernier lui aurait affirmé que l'ex vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin avait reçu de Dominique de Villepin l'instruction, venant du président Chirac, de "balancer Nicolas Sarkozy". "J'ai eu un tout petit rôle dans cette affaire", a déclaré Imad Lahoud à sa sortie du pôle financier. "Les informations que j'avais de ce dossier me provenaient du journaliste Denis Robert, qui était en ligne directe avec la magistrat financier Renaud van Ruymbeke et pas du tout de Jean-Louis Gergorin ou de Dominique de Villepin, que je ne connais pas", a-t-il ajouté.
"Hallucination de Rondot et Gergorin"
Son avocat a lui qualifié de "surréaliste" le fait que le général Rondot, conseiller spécial au ministère de la Défense, ait pu "passer par Imad Lahoud" pour recueillir des "propos qui se seraient tenus au sommet de l'Etat". Imad Lahoud a martelé qu'il n'était "pas le falsificateur" des fameux listings de l'organisme financier Clearstream. "Il n'y a jamais eu de pénétration informatique. Tout ça, c'est une hallucination de Philippe Rondot et de Jean-Louis Gergorin", a-t-il affirmé. Le général "devrait reconnaître qu'il a joué avec une grenade qui lui a explosé à la figure", a dit Imad Lahoud. Il a affirmé aux juges que Philippe Rondot "n'avait pas été passif" dans la falsification des listings, laissant entendre que le gradé avait pu suggérer l'introduction de certains noms à Jean-Louis Gergorin.
Cette audition intervenait huit jours avant la convocation de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin en vue de sa mise en examen. Mercredi, Jean-Louis Gergorin, mis en examen, était une nouvelle fois passé sous le feu des questions des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons durant près de 12 heures. Au cours de l'audition, il a confirmé le contenu de notes inédites du général Rondot mettant en cause Dominique de Villepin et Jacques Chirac. (lire notre article). Son interrogatoire doit reprendre vendredi.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




