Rachida Dati à l'Assemblée nationale © TF1/LCILe groupe socialiste au Sénat a annoncé mardi avoir déposé devant le Conseil constitutionnel un recours contre le projet de loi sur la lutte contre la récidive, définitivement adopté par le Parlement jeudi. Ce recours se fonde notamment sur le principe "d'individualisation et de proportionnalité de la peine" qui, selon les sénateurs socialistes, n'est pas respecté par le projet de loi, dans la mesure où il ne permet au juge que dans des cas limités de déroger aux "peines plancher" prévues pour les récidivistes. Selon le texte adopté, des peines planchers sont instaurées pour les récidivistes, d'un an si le délit est puni de trois ans d'emprisonnement, deux ans pour cinq ans, trois ans pour sept ans et quatre ans pour dix ans.
Le texte a toutefois été assoupli, les juges pouvant finalement prononcer des peines inférieures, dans des circonstances exceptionnelles, en tenant compte par exemple de "la personnalité" du récidiviste ou "de ses garanties d'insertion ou de réinsertion". Mais pour les sénateurs socialistes, cet assouplissement n'est pas suffisant. Le groupe sénatorial interpelle notamment le Conseil constitutionnel sur "le sens exact" de la notion de "garanties exceptionnelles" qui autoriserait le juge à ne pas appliquer de sanction automatique en cas de multi-récidive, estimant que ce mécanisme "est de nature à créer de l'incertitude et du flou dans la politique de répression".
Le PS demande en outre aux "neuf sages" de censurer, au nom du "principe de spécificité du droit pénal des mineurs", l'article 5 de la loi, qui étend la possibilité pour la cour d'assises des mineurs ou le tribunal des enfants de ne pas appliquer "l'excuse de minorité" pour les récidivistes mineurs de plus de 16 ans.
(D'après agence)
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