Rachida Dati et Nicolas Sarkozy à la garden-party de la Chancellerie, le 13 juillet 2007 © TF1-LCIEn cette veille de Fête nationale, plusieurs garden-parties étaient organisées vendredi soir. La plus remarquée fut sans conteste celle du ministère de la Justice, où le président de la République s'est rendu. Le chef de l'Etat y a renouvelé son soutien à la Rachida Dati dont le directeur de cabinet vient de démissionner et dont deux frères sont soupçonnés de trafic de drogue (lire notre article). "J'ai voulu un certain nombre de textes que Rachida a fait passer d'excellente façon, j'en souhaite d'autres : je pense notamment que la pratique des dénonciations anonymes n'est pas compatible avec l'idée que je me fais d'un Etat de droit et d'une république aboutie", a alors lancé le président.
"Je comprends très bien que tel ou tel soit dénoncé, sans donner son nom au public, mais une dénonciation à laquelle on ne donnerait pas son nom à l'administration, et qui veut nous révéler quelque chose, c'est une pratique d'un autre temps", a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat a admis des exceptions, notamment "dans des cas très précis, à l'intérieur d'une famille, (lors de) violences sexuelles" ou encore pour la "protection, dans le cas de l'action terroriste". En dehors de cela, "si un citoyen a quelque chose à dire à la justice de son pays, qu'il le dise et la justice garantira la discrétion", a-t-il dit, estimant que "la dénonciation comme principe, cela rappelle des heures très sombres de notre pays". "Le papier où l'on dénonce sans signer, ce n'est pas l'idée que je me fais de la République".
Allusion à Clearstream
"On m'appelle à être le garant des libertés et bien en voilà une, ne pas permettre aux revanches de se manifester de façon anonyme", a insisté le président. Nicolas Sarkozy, avec d'autres personnalités, avait été accusé faussement, sur dénonciation anonyme, de détenir des comptes occultes chez Clearstream, un organisme financier par lequel auraient transité les pots-de-vin de la vente de frégates à Taïwan en 1991. Il a depuis déposé plainte et s'est constitué partie civile.
Lors de cette réception à la Chancellerie, Nicolas Sarkozy a aussi réaffirmé son opposition au principe des grâces collectives du 14 juillet, malgré une situation dans les prisons qui nécessite de "faire des progrès". "Je ne suis pas là pour dissimuler la réalité dans notre pays (...) lorsqu'il est en retard mais franchement était-ce raisonnable de faire une grâce collective pour la seule raison que nos prisons sont délabrées et qu'on n'a pas assez de place", a-t-il expliqué.
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