Villepin face à la presse après sa mise en examen dans l'affaire Clearstream (27 juillet 2007) © TF1/LCI
La déclaration de Dominique de Villepin
De l'Elysée à Matignon, Villepin, douze ans au service de Chirac
Sa dernière audition avait duré 17 heures. Cette fois-ci, les événements se sont précipités pour Dominique de Villepin : son nouveau passage dans le bureau des juges chargés de l'affaire Clearstream aura duré moins d'une heure. Convoqué ce vendredi matin à 10 heures, l'ex-Premier ministre faisait son entrée une vingtaine de minutes avant l'horaire prévu, apparemment détendu et souriant aux journalistes. Pour apprendre quelques minutes plus tard de la bouche des juges leur intention de le mettre en examen. Jean-Marie d'Huy et Henri Pons se retiraient alors brièvement pour en délibérer, et au bout d'une vingtaine de minute venait l'annonce officielle : Dominique de Villepin devra répondre de "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux" dans l'affaire Clearstream.
Il a été placé sous contrôle judicaire, avec interdiction de rencontrer Jacques Chirac, ainsi que les principales personnes mises en cause dans ce dossier, selon une source proche du dossier. Une mesure qui prévoit également le versement d'une caution de 200.000 euros, et contre laquelle il a fait appel. Il ne semble pas en revanche vouloir faire appel de sa mise en examen, une option possible dans son cas puisque seule la Cour de justice de la République peut juger les anciens ministres pour des faits commis dans le cadre de leurs fonctions. Toute la question est donc de savoir si les faits qui lui sont reprochés étaient ou non liés à son rôle officiel. Or, il soutenait jusqu'à présent n'avoir "à aucun moment demandé à qui que ce soit d'enquêter sur des personnalités politiques, encore moins de les compromettre" et avoir "agi strictement dans le cadre de (ses) fonctions de ministre des Affaires étrangères et de ministre de l'Intérieur".
"Je répondrai naturellement à toutes les questions"
Mais plutôt que de gagner du temps en contestant sa mise en examen, l'ex-Premier ministre paraît avoir choisi de répondre aux juges. C'est ce qu'il déclarait peu avant 11 heures aux journalistes, avant de repartir du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris : s'il a réaffirmé devant la presse qu'à "aucun moment", il n'avait "participé à une quelconque manoeuvre politique", il a ajouté aussitôt : "Je répondrai naturellement à l'ensemble des questions qui me seront posées". Mais s'il répondra aux juges, Dominique de Villepin n'en a pas moins affirmé son intention de se battre "pour faire éclater la vérité dans le cadre de l'instruction", dénonçant une mise en cause pénible aussi bien pour lui que pour ses proches, et réaffirmant : "J'ai agi pour faire face à des menaces internationales, j'ai agi pour faire face à des menaces contre nos intérêts économiques ; c'est strictement dans ce cadre que j'ai agi, c'était mon devoir comme ministre".
C'était la deuxième audition de Dominique de Villepin dans le cadre de ce dossier. Et entre celle de décembre et aujourd'hui, beaucoup d'eau et surtout de déclarations, ont coulé sous les ponts. Ces dernières semaines, les événements se sont accumulés : la découverte de notes inédites de Rondot impliquant clairement Dominique de Villepin (qui aurait agi à la demande de Jacques Chirac), les perquisitions des juges d'Huy et Pons au domicile de l'ancien ministre et au Quai d'Orsay : de plus en plus d'éléments ont mis en cause l'ancien Premier ministre. La semaine dernière, l'audition de Jean-Louis Gergorin a porté un nouveau coup à la défense de Dominique de Villepin : l'ex vice-président de EADS a en effet affirmé avoir rencontré le juge Van Ruymbecke à la demande de l'ancien Premier ministre.
D'après agence
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