© TF1-LCIJeudi, une adolescente, qui avait volé le chéquier de sa mère, a été mise en examen pour "vol de chéquier et falsification et usages de chèques". Une procédure somme toute banale, sauf que. Pas tant que ça. Les poursuites engagées par le parquet reposent sur une plainte de... la propre mère de la jeune fille.
L'histoire remonte au 22 juin dernier, à Yutz, une petite ville de Moselle. Marion (1), 14 ans, fugue de chez elle avec une copine du collège. Dans son sac, le portefeuille de sa mère. La carte bancaire ne fonctionne plus, le chéquier toujours, forcément. Avec, les deux adolescentes prennent la direction de Marseille. Avec, elles se payent des billets de train, des séances chez le coiffeur, des nuits dans de beaux hôtels de la Cité phocéenne, sans parler des séances de shopping... Avec, les policiers parviennent à les localiser.
L'exception des moyens de paiement
La tournée des grands ducs des deux adolescentes aura duré une semaine environ. Le coût de cette escapade de princesses : plus de 1 700 euros, plus d'un mois de salaire de la mère de Marion, femme de ménage. "La mère de ma cliente a porté plainte sous le coup de la colère, elle était très inquiète, raconte dans le journal Le Monde, l'avocate de la jeune fille, Me Catherine Le Menn-Meyer. Mais en même temps, elle m'a demandé de défendre sa fille."
Une telle plainte est rarissime. D'une manière générale, le code pénal prévoit en effet une immunité familiale concernant le vol. Mais la loi du 4 avril 2006 sur les violences conjugales a changé la donne. L'article 311-12 prescrit toujours l'impossibilité de poursuites pénales lors d'un vol commis "au préjudice de son ascendant ou de son descendant" (...) mais précise que ces dispositions ne sont pas applicables lorsque le vol porte sur des objets ou documents indispensables à la vie quotidienne de la victime." Parmi les exemples cités : "les moyens de paiement".
"En ayant volé des chèques à sa mère, l'adolescente rentre dans ce cas de figure", explique-t-on au parquet de Thionville en précisant que le but d'une telle démarche n'est pas de sanctionner la jeune fille ni même d'obtenir des réparations pour la mère mais surtout de lui faire prendre conscience de la gravité de son geste. Marion comparaîtra le mois prochain devant le tribunal pour enfants de Thionville.
(1) Le prénom de la jeune fille, mineure, a été changé.
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