Image d'archives © TF1Le personnel du centre pénitentiaire de Caen a refusé le risque d'une nouvelle "affaire Evrard". C'est de cette prison que le pédophile était sorti le 2 juillet dernier après avoir purgé une peine de 27 ans de réclusion criminelle pour viols sur mineurs - avant d'être de nouveau interpellé la semaine dernière à Roubaix quelques heures après avoir enlevé le petit Enis. Or, le profil d'un autre détenu dont la sortie était prévue ce samedi rappelait beaucoup celui d'Evrard. Jugé dangereux par le personnel, il restera incarcéré 30 jours de plus.
L'homme avait été condamné en mars 1998 à 14 ans de réclusion criminelle pour un viol sur une collégienne de 11 ans. Un responsable syndical de l'établissement s'était inquiété dès mardi de sa libération, le jugeant aussi dangereux que le pédophile multirécidiviste Francis Evrard. "C'est un détenu qui a un très lourd passé et qui se vante ouvertement qu'il va recommencer", avait déclaré mardi Thierry Bouillaux, responsable syndical pénitentiaire FO. Finalement, l'homme, âgé de 42 ans, s'est vu retirer 30 jours de réduction de peine par la commission d'application des peines réunie vendredi. La commission a fait valoir qu'une enquête avait permis d'établir la "mauvaise conduite en détention" de ce détenu.
Des photos d'enfants dans la cellule
"Lors d'une perquisition de la cellule du détenu (mercredi), la police a découvert des photos représentant des enfants habillés, tirés de catalogues. A la suite de cette perquisition, le parquet a considéré qu'il s'agissait d'une mauvaise conduite en détention et a décidé de saisir la commission d'application des peines en vue de demander un retrait du crédit de réduction de peine", a déclaré la substitut du procureur de Caen, Claire Diwo, lors d'un point de presse. "A la suite des révélations qui ont été faites sur les propos (que ce détenu) aurait tenu en détention, le parquet a saisi la Police judiciaire aux fins de l'enquête, et cette enquête a permis d'établir ponctuellement la matérialité des propos", a-t-elle ajouté.
La Garde des Sceaux Rachida Dati a demandé vendredi aux procureurs de la République "une vigilance accrue" pour "encadrer strictement" les libérations des détenus condamnés pour agression sexuelle, leur enjoignant de s'opposer à toute réduction de peine pour ceux refusant les soins en détention.
D'après agence
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