
|
Une décision qui suscite le "désespoir" selon maître Collard |
Romain Dupuy, auteur présumé du double meurtre perpétré en 2004 dans l'hôpital psychiatrique de Pau, aura-t-il un procès ? A priori, non, puisque, conformement aux réquisitions du procureur de la République, un non-lieu "psychiatrique" a été prononcé par le juge d'instruction de Pau, a indiqué mardi un des avocats des parties civiles, Me Gilbert Collard. Deux expertises psychiatriques avaient en effet conclu à l'abolition du discernement de Romain Dupuy, qui souffrait de "schizophrénie paranoïde" au moment des faits, à savoir le meurtre de Chantal Klimaszewski et Lucette Gariod, tuées à l'arme blanche dans la nuit du 17 au 18 décembre 2004, alors qu'elles étaient de garde dans un pavillon de psycho-gériatrie.
Pourtant, la décision du juge d'instruction intervient alors que le président Nicolas Sarkozy a demandé il y a quelques jours à la ministre de la Justice Rachida Dati de "réfléchir" à la possibilité de traduire devant un tribunal un auteur de crime, même s'il est déclaré irresponsable pénalement. Le chef de l'Etat avait fait cette déclaration après avoir lui-même rencontré, vendredi à Bayonne, les familles de l'infirmière et de l'aide-soignante assassinées. La ministre de la Justice Rachida Dati a indiqué samedi qu'une réflexion allait être menée sur la création d'une audience spécifique, à l'issue de la procédure d'instruction, dans les cas où les mis en cause sont déclarés pénalement irresponsables.
C'est également ce que souhaitent les familles des deux femmes tuées à Pau. "En cas de non-lieu rendu par le juge d'instruction, nous ferons appel afin qu'un débat se déroule devant la chambre d'instruction", avaient-elles indiqué dans un communiqué. La semaine dernière, Me Yves Darmendrail, un avocat des parties civiles, avait également dit "regretter profondément" la réquisition de non-lieu dans cette affaire "certes difficile". Il avait rappelé que l'un des experts consultés a toujours soutenu que le discernement du jeune homme était "altéré" mais pas "aboli", ce qui ouvrait la voie à un procès en cour d'assises.
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




