Le meurtrier devrait échapper à un procès

le 28 août 2007 à 09h54 , mis à jour le 28 août 2007 à 16h52

Un non-lieu "psychiatrique" a été prononcé par le juge d'instruction de Pau pour Romain Dupuy, auteur présumé du double meurtre perpétré en 2004.

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Une décision qui suscite le "désespoir" selon maître Collard

 

Romain Dupuy, auteur présumé du double meurtre perpétré en 2004 dans l'hôpital psychiatrique de Pau, aura-t-il un procès ? A priori, non, puisque, conformement aux réquisitions du procureur de la République, un non-lieu "psychiatrique" a été prononcé par le juge d'instruction de Pau,  a indiqué mardi un des avocats des parties civiles, Me Gilbert Collard. Deux expertises psychiatriques avaient en effet conclu à l'abolition du discernement de Romain Dupuy, qui souffrait de "schizophrénie paranoïde" au moment des faits, à savoir le meurtre de Chantal Klimaszewski et Lucette Gariod, tuées à l'arme blanche dans la nuit du 17 au 18 décembre 2004, alors qu'elles étaient de garde dans un pavillon de psycho-gériatrie.

Pourtant, la décision du juge d'instruction intervient alors que le président Nicolas Sarkozy a demandé il y a quelques jours à la ministre de la Justice Rachida Dati de "réfléchir" à la possibilité de traduire devant un tribunal un auteur de crime, même s'il est déclaré irresponsable pénalement. Le chef de l'Etat avait fait cette déclaration après avoir lui-même rencontré, vendredi à Bayonne, les familles de l'infirmière et de l'aide-soignante assassinées. La ministre de la Justice Rachida Dati a indiqué samedi qu'une réflexion allait être menée sur la création d'une audience spécifique, à l'issue de la procédure d'instruction, dans les cas où les mis en cause sont déclarés pénalement irresponsables.

C'est également ce que souhaitent les familles des deux femmes tuées à Pau. "En cas de non-lieu rendu par le juge d'instruction, nous ferons appel afin qu'un débat se déroule devant la chambre d'instruction", avaient-elles indiqué dans un communiqué. La semaine dernière, Me Yves Darmendrail, un avocat des parties civiles, avait également dit "regretter profondément" la réquisition de non-lieu dans cette affaire "certes difficile". Il avait rappelé que l'un des experts consultés a toujours soutenu que le discernement du jeune homme était "altéré" mais pas "aboli", ce qui ouvrait la voie à un procès en cour d'assises.

(D'après agence)

le 28 août 2007 à 09:54
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1 Commentaires

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  • Patricia, le 25/06/2009 à 09h09

    Ce commentaire n'est pas de moi. Mais je suis entièrement d'accord avec cette journaliste. Faire un procès aux personnes reconnues comme folles. Je sais on ne dit pas comme ça, mais je dis comme ça. Tuer une infirmière et une aide soignante en coupant la tête à l'une et en égorgeant l'autre n'est ni un sport, ni une activité ludique, ni un travail (ce fut mais n'est plus). Il faut imaginer la scène, juste deux secondes, les parents, les proches des victimes eux se la repassent en continue depuis que le meurtrier a tué les deux jeunes femmes. C'est très difficile de se faire à l'idée de la mort de quelqu'un quand la mort est aussi brutale et aussi peu prévisible. On peut s'attendre à un accident de la route, par exemple, mais à se faire décapiter sur son lieu de travail, même si ce lieu de travail est un hôpital psychiatrique, pas vraiment. Ces femmes avaient une famille, une vie, des amours, un passé, un avenir, une vie à vivre. C'est tout ça qui a été perdu, d'un coup. Ce n'est pas un procès qu'il faut aux familles, c'est qu'on leur explique par le menu comment tout cela s'est passé, pourquoi ça a pu avoir lieu et comment un être humain a pu à ce point perdre la raison pour en arriver là. Les indemniser aussi. Avec des sous puisqu'on ne sait pas faire autrement. Combien de fois entend-on à la fin des procès, quand les meurtriers sont jugés même à des peines lourdes, comme 20 ans de prison, (qui peut imaginer dehors ce que sont 20 années de prison) les familles des victimes dire que c'est pas assez, ou qu'elles ne sont pas soulagées. Parce que rien ne leur rendra l'être perdu. Rien. Absolument rien. C'est avant qu'il faut pouvoir agir, avant que l'irréparable ne soit commis. Et pour ça il faut des moyens, beaucoup de moyens. Y pense-t-on ? Cette famille là n'est pas coupable. Elle subit. Et pour cette famille là il n'y a rien de prévu. On devrait pourtant).

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