Image d'archives © TF1Les deux principaux syndicats de magistrats ont regretté lundi qu'aucune des mesures annoncées par le président Nicolas Sarkozy pour éviter la récidive des délinquants sexuels ne concerne le renforcement du suivi en prison. "Il est très regrettable qu'il n'ait rien dit sur le suivi en milieu carcéral", a déclaré le président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), Bruno Thouzellier.
"En terme d'engagement budgétaire, il n'a pas traité le manque terrible de moyens pendant l'incarcération", a-t-il ajouté, voyant dans les mesures proposées un "effet d'annonce" et une "réaction hyper médiatisée".
"Contre-productif"
Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la Magistrature (SM, gauche), a elle aussi "dénoncé fermement" l'absence de toute mesure sur le suivi en détention, alors que "c'est la peine de prison qui doit être le temps utile pour travailler sur son passage à l'acte et préparer sa sortie".
Alors que Nicolas Sarkozy souhaite supprimer les remises de peine pour les délinquants sexuels, elle souligne que ce système actuel vise justement à ce que "les détenus connaissent le plus tôt possible leur date de libération pour s'inscrire dans un processus de préparation à la sortie (et) de réinsertion". Avec Francis Evrard, "on voit bien que les années de prison qui s'accumulent n'y font rien et que ce qu'annonce M. Sarkozy est à notre sens contre-productif", a-t-elle fait valoir.
"Retour vers la barbarie"
L'ancienne ministre de la Justice socialiste Marylise Lebranchu a quant à elle dénoncé le manque de recul de Nicolas Sarkozy et estime que les mesures annoncées lundi constituent "une forme de retour vers la barbarie". "Je comprends que les victimes réagissent dans l'émotion et ne pensent qu'à une chose: éliminer l'agresseur. Mais l'homme politique doit prendre du recul. La société doit être une société de justice et non de vengeance", déclare-t-elle au Parisien.
Le sénateur-maire (PS) de Lyon Gérard Collomb s'est quant à lui dit "surpris", mardi, de l'ouverture en 2009 à Lyon du premier "hôpital fermé pour pédophiles", révélée lundi par Nicolas Sarkozy, et estimé qu'il s'agissait à ses yeux "d'une annonce visiblement hâtive." Tout en reconnaissant ne pas pouvoir se "prononcer aujourd'hui sur le fond", Gérard Collomb a souligné qu'il ne pouvait "imaginer qu'une telle décision soit prise sans concertation ni avec les élus ni avec les corps médical et hospitalier local". Interrogée par l'AFP, l'Administration pénitentiaire régionale a indiqué de son côté ne pas avoir d'information sur cet "hôpital fermé", et renvoie vers le cabinet du président de la République "pour plus d'informations".
(D'après agence)
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