Les prisons pourront être contrôlées par surprise

le 01 août 2007 à 08h04 , mis à jour le 01 août 2007 à 09h48

Les sénateurs ont amendé le texte créant un "contrôleur général indépendant" des lieux de détention, lui permettant de faire des visites inopinées.

Image d'archives/TF1Image d'archives © TF1

Le Sénat a adopté en première lecture, dans la nuit de mardi à mercredi, par 199 voix et 126 abstentions, le projet de loi de la ministre de la Justice Rachida Dati, qui institue un Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Le texte original, composé de 12 articles, a été largement amendé par les sénateurs pour tenir compte des critiques dont il avait fait l'objet de la part de divers syndicats et associations. Si l'UMP et l'UDF ont voté pour, la gauche PSD et PCF, jugeant qu'il s'agissait d'un texte a minima, s'est abstenue.

C'est ainsi que cette autorité indépendante chargée "de contrôler les conditions de prise en charge des personnes privées de liberté, afin de s'assurer du respect de leurs droits fondamentaux" sera nommée "par décret du président de la République, après avis de la commission compétente de chaque assemblée". En outre, les sénateurs ont supprimé, à l'initiative d'Alima Boumediene-Thiery (Verts), avec avis favorable de Rachida Dati, l'obligation pour le Contrôleur général d'informer "avant toute visite" les autorités responsables du lieu en question.

Un budget de 2,5 millions d'euros

Les compétences du Contrôleur seront étendues aux locaux de garde à vue, aux dépôts des tribunaux, aux centres de rétention, aux zones d'attente des aéroports, aux cellules de retenue des douanes et aux hôpitaux psychiatriques. Le texte adopté stipule que "les autorités responsables du lieu de privation de liberté ne peuvent s'opposer à la visite du Contrôleur général que pour des motifs graves liés à la défense nationale, à la sécurité publique, à des catastrophes naturelles ou à des troubles sérieux dans l'établissement où la visite doit avoir lieu".

Dans la discussion générale, la plupart des orateurs ont déploré que le texte ne comporte aucune indication des moyens financiers et humains mis à la disposition du Contrôleur général. "Le Contrôleur doit disposer des moyens d'effectuer son contrôle. Il n'y rien de plus hypocrite que d'installer des institutions sans leur donner les moyens de fonctionner, comme la Cnil", a protesté l'ancien ministre PS Robert Badinter. La ministre leur a répondu que le Contrôleur serait doté d'un budget de 2,5 millions d'euros, supérieur de 700.000 euros à celui du Défenseur des enfants, et d'un effectif de 18 emplois. Ce budget sera voté en loi de finances pour 2008 et "pourra être revu à la hausse" les années suivantes en fonction des besoins.

Examiné au Sénat avant l'Assemblée nationale, le texte viendra en discussion devant les députés à la session de septembre.

D'après agence

le 01 août 2007 à 08:04
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6 Commentaires

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  • Claude, le 01/08/2007 à 18h18

    Une visite inopinée ?? à peine aura t'il passé la porte que toute la prison sera au courant , aurait-on des choses à cacher dans les prisons ? Quel est le but de tels contrôles , savoir si la soupe est bonne , si les matelas sont confortables , si la télé n'est pas en panne , si la salle de sport est en bon état , mais aussi savoir pourquoi tel surveillant s'est fait agresser , insulter , etc !!

  • BB, le 01/08/2007 à 17h01

    Pourquoi c'est jamais fait..Et, en Plus maintenant ont prévient.. BB

  • Claude, le 01/08/2007 à 11h54

    Mais dans toutes les prisons il éxiste un encadrement qui semblerait incapable de juger des conditions de détention des prisonniers . Qu'est ce que va découvrir le contrôleur , ce que tout le monde sait , que certaines prisons sont surpeuplées , vétustes .. etc... mais cela les personnes qui y travaillent le savent . Un directeur de prison n'est il pas capable de faire un rapport des conditions de vie dans son établissement , ce serait "un voyou" qui laisserait maltraiter les prisonniers ? ...il préfèrerait certainement ne pas avoir 4 détenus dans une cellule de deux , avoir des effectifs plus importants , des conditions de travail certainement plus facile , qu'est ce que l'on est encore en train de nous inventer là !

  • Etienne, le 01/08/2007 à 10h56

    A Albert : le problème c'est que quelquefois, il y a des coupables des deux cotés des barreaux. Les cellules de garde à vue n'ont pas plus d elégitimité que les cages d'escalier de banlieue à devenir des zones de non droit ou peuvent intervenir certains dérapages faute de controle. Et puis... depuis qu'on nous le coup de la police tortionnaire... Si ce système est réellement mis en place, cela permettra de savoir ce qu'il en est réellement.

  • Lili01, le 01/08/2007 à 10h52

    Dans la vie... un contôle doit toujours être fait par surprise, sinon cela s'appelle une visite de courtoisie.

  • Albert, le 01/08/2007 à 10h11

    Je préférerai qu'on affecte des gens à surveiller les délinquants plutôt que les prisons...mais notre chère démocratie préfère encore dépenser plus pour les coupables que pour les victimes.

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