Rachida Dati © TF1/LCILa visite de la ministre de la Justice a visiblement touché les parents du petit Enis. Rachida Dati "a dit qu'elle nous soutenait, qu'elle allait nous aider. Elle a dit qu'elle allait changer la législation pour qu'elle soit plus sévère pour les (délinquants sexuels) récidivistes. C'est important, cela montre qu'ils veulent changer les choses, pour que ça n'arrive plus", a indiqué dimanche le père du petit garçon enlevé et probablement violé mercredi, à Roubaix. "La rencontre a duré une petite demi-heure. Il n'y avait que moi et mes parents. La ministre n'a pas vu mon fils, parce que je veux le protéger", a déclaré Mustafa Kocakurt, le père d'Enis, qui sera reçu lundi par Nicolas Sarkozy à l'Elysée.
La ministre de la Justice s'est ensuite rendue au tribunal de grande instance de Lille pour rencontrer les témoins, les policiers et les magistrats ayant permis de retrouver le jeune Enis et d'arrêter son agresseur présumé. Rachida Dati a salué les participants à la réunion à son arrivée au tribunal. Le chauffeur de taxi Xavier Labarre, un des témoins qui a permis de retrouver Enis et son agresseur présumé, le pédophile Francis Evrard, s'est déclaré "relativement surpris" de l'invitation à rencontrer la ministre. "C'est beaucoup de reconnaissance, je n'ai pas fait ça (témoigner, ndlr) pour passer devant les caméras", a-t-il ajouté.
"Sur l'affaire du Viagra la lumière sera faite"
Mis en examen et écroué vendredi soir pour enlèvement et séquestration, viols et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans en récidive, Francis Evrard, 61 ans, est soupçonné d'avoir enlevé Enis mercredi vers 14h30 et de l'avoir violé dans un garage fermé à Roubaix, où il a été arrêté jeudi à 00h10 en présence de sa victime. Déjà condamné plusieurs fois pour des attentats à la pudeur et des viols sur deux mineurs, l'homme était sorti du centre de détention de Caen le 2 juillet, après avoir purgé la totalité de sa peine.
Par ailleurs, une enquête a été "diligentée par le ministère de la Santé" pour déterminer comment Francis Evrard a pu se procurer le Viagra retrouvé en sa possession, a déclaré dimanche à Lille la ministre de la Justice Rachida Dati. Interrogée sur l'éventualité que ce médicament contre l'impuissance masculine ait pu être prescrit par un médecin de la prison de Caen où Evrard était détenu, la ministre a affirmé: "Tout cela n'est pas avéré". "Sur l'affaire du Viagra la lumière sera faite", a-t-elle assuré.
"S'il y a eu prescription, cela est vérifiable" |
L'Observatoire international des prisons (OIP) a estimé dimanche que la prescription de pilules de Viagra à un détenu était aisément vérifiable, compte tenu de la réglementation sur l'accès aux médicaments en prison. Dans tous les cas, "s'il y a eu prescription, il y a des traces dans le dossier médical ou sur les ordonnances ", assure François Bès, responsable de l'OIP. Il reste néanmoins "tout à fait possible de s'approvisionner en Viagra à l'extérieur" en dehors de toute prescription médicale, via Internet par exemple, a-t-il souligné. François Bès a jugé possibles des prescriptions pendant la détention mais dans des cas bien précis : en vue d'une permission de sortie ou d'un accès à une unité de vie familiale (UVF), où les détenus peuvent recevoir leurs proches. Il y a sept UVF actuellement en France mais le centre de détention de Caen n'en est pas doté. La prescription peut également être faite en vue de la sortie de prison et dans ce cas, l'ordonnance est présentée à n'importe quelle pharmacie par la personne libérée. |
Avec Agence
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