Du sursis pour avoir dit "Bamboula"

le 21 août 2007 à 18h47 , mis à jour le 22 août 2007 à 21h12

L'enseignant était poursuivi par un de ses élèves d'origine angolaise. Il a également été condamné à 1.500 euros de dommages et intérêts.

Palais de Justice Procès DroitImage d'archives © TF1

"Tu es noir, tu voles, non ?" ou encore "Ah, voilà Bamboula !". Des mots qui coûtent un mois de prison avec sursis, des mots qui valent 1.500 euros de dommages et intérêts. Voilà le jugement prononcé mardi par le tribunal correctionnel d'Epinal à l'encontre d'un enseignant poursuivi pour des propos racistes à par un de ses élèves d'origine angolaise.
 
Les incidents, qui avaient débuté en octobre, avaient été dénoncés par des camarades de classe. "Tu es noir, tu voles, non ?", ou encore "Ah, voilà Bamboula !", sont des propos rapportés par ces élèves au conseiller principal d'éducation de l'école, qui figurent dans la plainte déposée. "Ce professeur a manqué à tous ses devoirs. Il est temps pour lui de comprendre que la France est devenue pluriethnique", s'est indignée la substitut du procureur, Delphine Jabeur.

"Ce n'est pas quelqu'un de raciste"
 
Agé de 52 ans, le professeur de mathématiques du lycée technique Jean-Charles Pellerin d'Epinal, absent à l'audience, avait reconnu en juin avoir prononcé le mot "bamboula" pour plaisanter. "L'élève rentrait en classe joyeux, souriant et en chantant avec son lecteur MP3 sur les oreilles. Pour moi, 'bamboula' n'a pas un caractère raciste mais un sens festif. Cela veut dire 'faire la fête'", avait-il expliqué à l'AFP.
 
"Ce n'est pas quelqu'un de raciste. Il voulait juste stigmatiser le comportement d'un élève dans une classe très difficile", a argumenté son avocat, Me Stéphane Giuranna, qui a plaidé la relaxe pour des questions de forme. Convoqué par le proviseur en mars, le professeur s'était excusé auprès des parents de la victime dans une lettre au recteur de l'académie Metz-Nancy. Mais les incidents avaient repris en avril, selon la victime, qui déboussolée, avait cessé d'aller à ses cours de maths.

Le ministère de l'Education va réétudier son cas
 
"De tels comportements sont scandaleux. Certes, le métier d'enseignant est de plus en plus difficile, mais il s'est comporté de manière indigne de façon répétée. Ce n'était pas un dérapage isolé", a dénoncé Me Gérard Welzer, avocat du lycéen et de son père. Le Mrap et la LDH, qui s'étaient constitués partie civile, ont obtenus 300 euros de dommages et intérêts.

Le ministère de l'Education nationale a assuré mercredi que "la sanction disciplinaire", un blâme, prise à l'encontre du professeur ferait "l'objet d'un nouvel examen". "Dès que la publication des attendus du jugement aura permis de préciser l'ensemble des faits retenus par le tribunal, les suites disciplinaires de cette affaire feront l'objet d'un nouvel examen", a expliqué le ministère, dans un communiqué. Le ministère de l'Education a précisé que, "par ailleurs, sa mutation dans l'intérêt du service est en cours".

 
(D'après agence)

le 21 août 2007 à 18:47
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2 Commentaires

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  • Granger, le 21/08/2007 à 19h53

    Jusqu'à preuve du contraire, "faire la bamboula" est une expression commune non ?

  • Casque Noir, le 21/08/2007 à 19h48

    Soulagé de cette décision, que cela serve de leçon à ce professeur, on ne peut pas tout le temps sortir l'excuse de la difficulté du métier des enseignants pour justifier l'injustifiable.

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