Un témoin raconte le meurtre de Guy-André Kieffer

le 23 août 2007 à 18h58 , mis à jour le 23 août 2007 à 20h05

Un homme a expliqué sur France 3 comment le journaliste, disparu en 2004, a été enlevé, détenu à la présidence à Abidjan et abattu.

TF1/LCI Guy-André Kieffer Fred Nérac

Les informations révélées jeudi soir par France 3 ont été jugées "crédibles" par la justice française. Interrogé dans le 19/20, Berte Seydou a raconté en détail l'enlèvement et le meurtre du journaliste Guy-André Kieffer, disparu le 16 avril 2004. L'homme s'est présenté comme le chauffeur du chef présumé du commando, auteur du rapt.

Plus d'infos

 
Dans son témoignage, il affirme que le journaliste est arrivé dans une villa d'Abidjan, où il a passé environ 30 minutes, emmené par un commando à bord d'un 4X4 blanc. A son arrivée, Guy-André Kieffer "était stressé, comme quelqu'un qui courrait un danger". Le captif aurait ensuite été emmené à la présidence où il est resté deux jours et deux nuits. Puis de là, il a été conduit dans une ferme utilisée comme "un lieu caché des exécutions", selon ce récit. "Jean-Tony Oulaï chef présumé du commando, un ex-membre des services spéciaux ivoiriens, a donné le signal par un pistolet et deux éléments (du commando) ont mitraillé" Guy-André Kieffer.

Le corps introuvable 
 
Selon lui, le corps a été gardé sur place par des militaires, avant d'être exhumé, et transporté dans une autre villa. D'après une source proche du dossier, les enquêteurs, qui tentent désormais de localiser le corps du journaliste auraient identifié depuis des mois les auteurs de l'enlèvement et du meurtre de Kieffer
 
Jean-Tony Oulaï, qui a fui la Côte d'Ivoire pour se réfugier en France, conteste avoir supervisé l'enlèvement. Placé en détention en France, il a ensuite été remis en liberté sous contrôle judiciaire. L'autre personnage clef du dossier, Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo, a été interrogé plusieurs fois en Côte d'Ivoire par le juge, qui l'a mis en examen en octobre 2004 pour "enlèvement et séquestration". Il est également poursuivi à Abidjan pour "complicité d'enlèvement", "séquestration" et "assassinat". Emprisonné en Côte d'Ivoire en mai 2004, il a été remis en liberté en octobre 2005. 

Journaliste indépendant, Kieffer enquêtait sur des malversations dans la filière cacao. L'enquête menée en France s'est orientée vers l'entourage du président Laurent Gbagbo. Le corps n'a jamais été retrouvé. L'enquête française a établi que le journaliste avait été enlevé sur un parking de supermarché du centre d'Abidjan, alors qu'il avait rendez-vous avec Michel Legré.

La famille reçue par Sarkozy

Nicolas Sarkozy a reçu jeudi des membres de la famille du journaliste français Guy-André Kieffer, à qui il a promis son soutien. "Il nous a témoigné de sa solidarité. Il nous a dit qu'il nous accompagnerait à partir de maintenant sur ce dossier pour que la vérité sur ce qui est arrivé à Guy-André nous soit dévoilée", a déclaré à la presse Osange Silou-Kieffer, l'épouse du journaliste disparu. Pour Bernard Kieffer, le frère du journaliste, l'entretien a été "très fort" car le président "nous a dit très clairement sa détermination et celle des autorités politiques françaises pour nous aider dans ce dossier, ce qui nous faisait défaut jusqu'à présent".

(Avec agence)

le 23 août 2007 à 18:58
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Art, le 23/08/2007 à 22h11

    Voila a cause de Chirac ou on en est arrivé...Le président Ivoirien aurait du etre écarté depuis longtemps, seulement il était trop faible ou tout simplement trop impliqué pour avoir le courage d'agir.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience