Affaire Enis : les confessions d'Evrard au juge

Par , le 27 septembre 2007 à 12h27 , mis à jour le 27 septembre 2007 à 12h43

Devant la magistrate, révèle Le Parisien, le pédophile a reconnu avoir agressé le petit Enis mais nie avoir prémédité son acte. Il dit aussi avoir cherché à se soigner.

Francis EvrardFrancis Evrard © TF1/LCI

"Il n'y a pas d'excuse valable", aurait reconnu Francis Evrard, à l'évocation de sa jeune victime par la magistrate en charge d'instruire son dossier. Ce pédophile, libéré en juillet dernier avait été interpellé le 15 août à Roubaix et mis en examen pour l'enlèvement et le viol d'Enis, 5 ans. Depuis son arrestation, Evrard a été auditionné à deux reprises, le 29 août puis le 11 septembre. Lors du dernier entretien, l'homme de 61 ans se serait longuement confié. Le Parisien, s'appuyant sur une source judiciaire, publie ce matin l'essentiel de ses propos.

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Pas de préméditation
 
Ainsi, d'après ses dires, Francis Evrard n'aurait pas prémédité l'enlèvement d'Enis. Le petit garçon, seul sur un trottoir, lui aurait demandé de l'aide pour refaire ses lacets et le ramener chez lui. Evrard l'a emmené à la Braderie, puis au lieu de le ramener chez lui, l'a conduit dans son garage. "J'ai eu une pulsion au garage, pas avant. Je ne sais pas l'expliquer", explique-t-il à la juge. Lors de son audition, il a également narré l'angoisse du petit garçon au cours des 9 heures de séquestration. "Il se demandait si j'allais le raccompagner, il gémissait beaucoup. Parce qu'il était nerveux, je lui ai donné un demi-lexomil".
 
De cet entretien avec la juge, il ressort également, poursuit Le Parisien, qu'Evrard aurait cherché à soigner ses penchants pervers. En prison, en 2000, sept ans avant sa libération, on lui aurait proposé un traitement hormonal. Evrard était d'accord mais ça n'aura duré que trois mois : "Le médecin m'a dit que ça ne servait à rien parce qu'il n'y a pas d'enfant en prison". Il dit pourtant avoir ressenti une certaine amélioration dès la prise du traitement, n'ayant plus de mauvaise pensée.

"Deux-trois pulsions"  avant de tomber sur Enis

Après, on ne lui aurait plus jamais proposé de traitement. Sa libération était conditionnée à une obligation de soin : "j'y suis allé (...) mais on m'a dit de revenir fin août". Pourquoi demander une prescription de Viagra s'interroge la magistrate, soulignant la contradiction. Evrard voulait refaire sa vie avec une femme. "Comme j'ai de la misère à avoir une érection, je ne voulais pas me retrouver en panne devant une femme".
 
Lors de sa garde à vue Francis Evrard, avait par ailleurs déclaré aux policiers qu'il avait connu "une quarantaine d'enfants mais je n'ai été condamné que pour trois". Lors de sa dernière audition devant la juge il serait revenu sur ses dires : "j'ai dit une quarantaine d'enfants comme j'aurai pu dire une centaine ou un millier". Bref, il aurait fait de la provocation. En revanche, il aurait reconnu, note encore Le Parisien, avoir eu deux ou trois pulsions en juillet-août avant de croiser Enis "Mais j'ai toujours dit non et je suis parti", aurait-il dit.

Par Alexandra Guillet le 27 septembre 2007 à 12:27
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7 Commentaires

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  • Nicole, le 27/09/2007 à 17h39

    C'est insuppportable de lire celà et de voir que ce monsieur au fond ne se sent pas responsable de ses actes mais accuse les autres, l'administration pénitencière, et ne sent pas la nécessité de se soigner après tant de récidives. Il est vrai que le médecin qui ne l'a pas engagé à poursuivre son traitement et celui qui lui a prescrit du Viagra ne sont pas nets non plus...

  • J-Yves, le 27/09/2007 à 17h36

    Mensonges, mensonges et mensonges... On ne prends pas de viagra comme ca. Faut encore avoir une femme... Mais qu'importe.. La justice va encore le relacher dans quelques mois...

  • Manon, le 27/09/2007 à 16h48

    Ce mec est loin d'être débile, les faits sont tels que OUI il y a eu préméditation... Le laisser en liberté c'est risquer à nouveau un drame.

  • Bean, le 27/09/2007 à 15h01

    Que faisait tout seul sur le trottoir un enfant de 5 ans? Sans surveillance! Ses parents ont des comptes à rendre eux-aussi!!!

  • Florence, le 27/09/2007 à 14h44

    Nous n'avons pas besoin de détails sordides, préméditation ou pas, l'important c'est que la justice fasse en sorte qu'il ne recommence jamais.C'est de son ressort de protéger nos enfants contre ces hommes "malades".... internement et suivis psychologique et judiciaire jusqu'à guérison ou à vie si celle-ci impossible

  • Michel, le 27/09/2007 à 14h01

    Et le secret de l'instruction ? Inadmissible.

  • Magiera, le 27/09/2007 à 13h00

    A l'entendre,ce serait bientot la faute des médecins qui tardaient à le soigner.Et pourquoi pas des circonstances atténuantes pendant qu'on y est ? Ce genre d'individu qui avoue le viol de nombreux enfants n'aurait jamais du sortir de prison.

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