Agnès Le Roux © DRLa cour d'appel d'Aix-en-Provence rejuge à partir de lundi l'ex-avocat Jean-Maurice Agnelet, 69 ans, acquitté en décembre de l'assassinat d'Agnès Le Roux, héritière d'un des plus prestigieux casinos niçois, disparue en 1977, à l'âge de 29 ans.
Il dit connaître le véritable assassin d'Agnès Le Roux
Cet ancien truand marseillais affirme connaître le véritable assassin d'Agnès Le Roux, l'héritière d'un casino de Nice tuée en 1977. Dans le Parisien de vendredi, il se dit prêt à témoigner devant la justice pour innocenter Jean-Maurice Agnelet.
Publié le 04/03/2011
"L'affaire Le Roux" constitue l'une des plus célèbres énigmes criminelles de la Côte d'Azur (le rappel des faits en cliquant ici) : Agnelet, qui était l'amant d'Agnès, a toujours nié toute implication dans sa disparition. Et jusqu'au dernier jour de son procès devant les assises des Alpes-Maritimes, le 20 décembre 2006. Alors que vingt ans de réclusion criminelle avaient été requis, la cour ne l'a pas jugé coupable de la mort de la jeune femme, tout en affirmant, dans son verdict, que celle-ci avait bien été assassinée. Les avocats d'Agnelet avaient bataillé pour que le doute bénéficie à leur client au terme d'un mois d'audience qui n'a pu, ont-ils martelé, répondre aux "questions fondamentales d'un procès criminel: où, quand, comment, par qui, Agnès Le Roux a été tuée".
Trois millions de francs
Depuis le week-end de la Toussaint 1977 où la belle héritière du Palais de la Méditerranée s'est évaporée au volant de sa Range Rover blanche, son corps n'a jamais été retrouvé. Quatre mois plus tôt, le 30 juin, la jeune femme avait été à l'origine d'un séisme au sein du clan familial : lors d'une assemblée générale du Palais de la Méditerranée, le casino géré par sa mère, elle avait mis cette dernière en minorité, offrant le contrôle de l'établissement à Jean-Dominique Fratoni, patron du Ruhl, casino voisin et concurrent. Elle avait touché la somme de trois millions de francs (457.347 euros) en échange de ce vote.
Dans l'ombre, un homme : Jean-Maurice Agnelet. C'est lui qui avait organisé le contact entre Fratoni et sa maîtresse. C'est également sur un compte joint au nom des deux amants, ouvert en Suisse, que les trois millions de francs avaient été versés. En l'espace de quelques mois, l'intégralité de la somme s'est trouvée transférée sur un compte personnel d'Agnelet, éveillant les soupçons de la justice qui l'a inculpé d'homicide volontaire en août 1983. L'accusation croyait tenir un mobile -l'argent- et plusieurs éléments jugés compromettants pour l'avocat : la photocopie d'un message d'adieu d'Agnès retrouvée à son domicile, d'énigmatiques annotations pouvant être en relation avec sa disparition et les affaires du Palais de la Méditerranée, son attitude, peu soucieuse du sort de sa maîtresse, ses affirmations contradictoires. Mais le juge d'instruction a considéré ces charges insuffisantes et prononcé un non-lieu le 30 septembre 1985.
"Rien n'est joué"
Le coup de théâtre est intervenu en 1999: Françoise Lausseure, autre maîtresse d'Agnelet au moment des faits, devenue entre-temps sa femme, affirmait avoir fourni à l'avocat, à la demande de celui-ci, un faux alibi concernant son emploi du temps de la Toussaint 1977. Ce revirement a valu à l'ex-avocat, de nouvelles poursuites aboutissant au procès d'assises.
Quelques jours après l'acquittement de Jean-Maurice d'Agnelet, le parquet général d'Aix-en-Provence annonçait qu'il faisait appel du verdict. "Rien n'est joué. Nous allons tout remettre à plat lors de ce procès. Le bénéfice du doute ne doit pas se confondre avec le bénéfice du cynisme", déclare Me Hervé Temime, qui succède à Georges Kiejman pour défendre les intérêts de la famille Le Roux, partie civile. Le procès est prévu jusqu'au 12 octobre.
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