Bébé lancé : les dessous de l'enquête

Par , le 21 septembre 2007 à 17h09 , mis à jour le 21 septembre 2007 à 17h50

C'est une unité de gendarmes spécialisée dans la surveillance du web qui a permis d'arrêter les auteurs d'une vidéo montrant un bébé maltraité.

TF1-LCI © TF1-LCI

Trois jeunes de 16,17 et 18 ans viennent d'être interpellés pour s'être lancé un garçon de 18 mois, sur une distance de deux à trois mètres, et avoir filmé l'action qu'ils ont ensuite diffusée sur Internet (lire article). Cette sordide affaire a pu être révélée grâce au travail des gendarmes du Département Surveillance Internet de la Gendarmerie nationale, basé au fort de Rosny sous Bois, en Seine-Saint-Denis (lire encadré). Forums, tchat, newsgroup, peer-to-peer, tout est bon pour traquer sept jours sur sept les infractions commises sur la toile. Ces gendarmes high-tech s'appuient sur des logiciels qui permettent par des mots-clés de remonter sur des contenus illégaux.

"La violence des images nous a choqué"

"Nous avons eu connaissance début août de cette vidéo en interceptant des discussions sur un forum, explique à LCI.fr le lieutenant Karine Béguin, responsable du département. Grâce à cela, nous avons pu retrouver la vidéo en question. La violence des images nous a choqué. Le bébé était lancé comme un vulgaire ballon de basket. Cette violence aurait très bien pu entraîner des séquelles, notamment le syndrôme du bébé secoué".

Les gendarmes de ce département, ayant le statut d'officiers de police judiciaire à compétence nationale, une procédure a immédiatement été initiée. "Nous avons tout d'abord requis le site qui hébergeait la vidéo pour savoir qui avait mis la vidéo en ligne, détaille le lieutenant Béguin. Grâce à l'adresse IP, nous avons pu remonter sur un fournisseur d'accès internet qui, par chance, était français. Ce dernier nous a alors donné l'adresse complète de l'individu auteur de la mise en ligne de la vidéo". En deux jours, le dossier était bouclé et transmis au procureur de Montluçon, lieu de la domiciliation de l'individu recherché.

Interpellations bouclées en moins de 24 heures

"Vers la mi-août, j'ai été saisi par la cellule de Rosny, confirme à LCI.fr, Philippe Toccanier, procureur de la République de Montluçon. Ils m'ont envoyé un dossier papier accompagné d'un CD-Rom avec des photos de la vidéo permettant de constater l'infraction. J'ai alors immédiatement  saisi les services de police compétents". Le 19 septembre, un jeune homme, mineur, qui avait filmé et mis en ligne la vidéo, était arrêté. Au bout de 24 heures, ce dernier donnait les noms de ses deux comparses, auteurs des violences. Un mineur et un majeur, interpellés le 20. Tous seront convoqués par la justice. Le mineur poursuivi pour la diffusion d'enregistrement d'images montrant des violences encourt 2 ans et demi de prison. Les auteurs des violences encourent 3 ans pour le majeur, la moitié pour le mineur.

500 à 800 procédures par an

Le département Surveillance Internet de la Gendarmerie nationale a été créé en 1998. Il s'agit d'une des branches du STRJD, Service technique de recherches judiciares et de documentation, basé à Rosny-sous-bois. Vingt personnes scrutent la toile 7 jours sur 7, à la recherche des différentes infractions régies par le code pénal. Tous sont réunis sur un plateau central, avec d'un côté les gendarmes spécialisés dans la traque des sites pédopornographiques, de l'autre ceux qui surveillent tout le reste. Ce département lance entre 500 et 800 procédures par an. Plus de 80% sont suivies en justice.
Les affaires de pédo-pornographies arrivent largement en tête des infractions qu'ils décèlent devant les stup', la contrefaçon, le proxénétisme ou la haine raciale. "Démonter un réseau de pédophilie peut parfois immobiliser plusieurs de nos gendarmes pendant un à deux mois, mais quand ce réseau tombe, c'est très gratifiant car il en va du bien-être de notre société", explique le lieutenant Béguin. Sur le terrain, ces gendarmes sont épaulés par près de 200 gendarmes spécialisés dans les nouvelles technologies et qui sont ponctuellement amenés à surveiller le web.

 

Par Alexandra Guillet le 21 septembre 2007 à 17:09
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16 Commentaires

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  • Duriez, le 22/09/2007 à 12h25

    Alarmant et pitoyable !! seulement 3a maxi c'est honteux il en faudrait 10 !!! la justice est très mal faite

  • Anne, le 22/09/2007 à 09h09

    Ou se trouvait la maman du bambin?

  • Suzanne, le 22/09/2007 à 08h09

    C'est franchement dégueulasse ces mecs là mériteraient une bonne raclée et même plus.Et la mère ou était-elle

  • Isabelle, le 21/09/2007 à 23h33

    Cinq lettres bravo bravo !!! comment peut on regarder des choses aussi moches meme si on sait pas quoi faire on a ltoujours dans notre ville ou la gendarmerie ou la police !!!

  • Camille, le 21/09/2007 à 21h46

    La race humaine est détestable!!!!cela dit le problème est que ces morveux sont prêts à tout pour leur heure de "gloire" même sur internet...Je pense qu'il faut condamner publiquement et sévèrement ce genre d'acte de violence.Merci quand même à ces gendarmes de réagir aussi rapidement!!!

  • Viviane, le 21/09/2007 à 21h07

    Trois ans pour une vidéo, quatre ans pour le meurtre de marie trintignant par cantat. Deux poids deux mesures

  • BEVAUX, le 21/09/2007 à 20h24

    Bravo aux policiers

  • Seb, le 21/09/2007 à 19h36

    Une petite question subsiste: où ont-ils "trouvé" ce bébé? où étaient les parents?

  • SSH, le 21/09/2007 à 19h25

    Alors là c'est impensable.je crois qu'on a franchi un sérieux niveau.Betise,folie,"connerie" n'ont plus de limites.C'est horrible,terrible,choquant,inconscient et j'en passe... Y a t il un espoir pour que type d'agresseur réalise ce qu'il fait?? J'ai des doutes.

  • Madrien, le 21/09/2007 à 19h06

    Bravo et merci à la gendarmerie pour cet excellent travail. Pauvres idiots qui j'espère vont le payer cher.

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