
Au premier jour de son procès devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine, le chercheur Yves Marguerat, accusé d'avoir violé des enfants des rues au Togo sous couvert d'activités humanitaires, a reconnu des "attouchements" sur des enfants. "J'ai eu des relations d'attouchements avec des garçons, j'ai eu tort", a admis Yves Marguerat, 64 ans, lors de la première journée de son procès, avant d'ajouter : "j'ai cru respecter leur liberté, peut-être je me suis trompé."
Universitaire réputé dans son milieu, agrégé de géographie, Yves Marguerat est détenu depuis février 2005, après qu'un jeune Togolais ait dénoncé les faits présumés à un religieux de Chatenay-Malabry dans les Hauts-de-Seine, dans la paroisse de l'accusé. Pendant l'enquête, le suspect a reconnu des attouchements et des viols, puis est revenu en partie sur ses déclarations, parlant seulement d'attouchements.
Il accueillait des enfants des rues
L'accusation retient des faits présumés de viols à l'encontre de deux jeunes hommes, les autres victimes alléguées n'ayant pu être retrouvées, n'ayant pas porté plainte ou n'ayant pu être interrogées régulièrement. Les faits se seraient déroulés entre 1991 et 1994, dans une maison que l'accusé occupait à Lomé et où il accueillait des enfants des rues. Selon de nombreux témoignages cités par l'accusation, Yves Marguerat vivait avec deux gardes du corps dans cette maison, brutalisait et chassait de sa maison les enfants qui se refusaient à lui.
L'enquête a montré que le chercheur, qui avait fondé à Chatenay-Malabry en 1982 le Comité de soutien aux enfants de Lomé, qui a obtenu d'importantes subventions, dont 209.700 euros entre 1996 et 2002 de la Fondation Raoul Follereau. Son Comité lui a versé à titre personnel 157.145 euros entre 1982 et 1993. Il percevait aussi des fonds au titre des délégations d'autorité parentale qu'il avait sur les enfants. Le verdict est attendu le 21 septembre.
(D'après agence)
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