L'innocence reconnue de Patrick Dils © INTERNEPlus de 20 ans après le meurtre, elle ne connaît toujours pas le nom de celui qui a tué son fils. Malgré les procès qui se sont succédé, malgré une enquête dont elle dénonce les lacunes... Et Mme Beining, la mère du petit Cyril, l'un des garçons assassinés à Montigny-lès-Metz en 1986, veut poursuivre l'Etat. La justice a accepté sa demande de produire des pièces pénales afin de lui permettre de porter plainte contre l'Etat français "pour faute lourde" et "déni de justice". Des pièces (scellés, photos, etc) qui étaient jusqu'alors couvertes par le secret d'instruction.
"Les pièces de la procédure initiale ayant été évoquées à trois reprises en audience et ayant donné lieu à une décision définitive de la Cour d'assise des mineurs du Rhône, n'apparaissent plus couvertes par le secret de l'instruction", peut-on lire dans le jugement. Les "actes d'enquête et d'information intervenus postérieurement à l'acquittement de M. (Patrick) Dils", c'est-à-dire les éléments du volet du tueur en série Francis Heaulme de l'affaire de Montigny, seront toutefois encore soumis au secret de l'instruction.
Photos disparues, scellés détruits...
Une première victoire judiciaire pour Mme Beining ; et, autre signe de "bon augure" selon son avocate, elle a rendez-vous ce vendredi à la Chancellerie. "Madame Beining et moi-même serons reçues entre 16h15 et 17h15 à la demande du cabinet du ministère", a indiqué Me Dominique Boh-Petit. "Ça veut enfin dire qu'on s'intéresse à nous"...
Mme Beining demande 300.000 euros de dommages et intérêts à l'Etat dans le cadre d'une procédure civile. Son avocate, citant la perte des photos de la scène du crime, la destruction de scellés, la disparition des vêtements des enfants et l'absence d'analyse de pierres présentes sur la scène du crime, dénonce des "carences de la justice".
Patrick Dils, condamné à deux reprises pour ces crimes, a été acquitté le 24 avril 2002 à Lyon par la cour d'assises du Rhône, au motif que le crime portait la "quasi-signature criminelle de Francis Heaulme". Mais Francis Heaulme, déjà condamné à six reprises pour meurtre, a toujours nié être l'auteur de ce double meurtre, même s'il a reconnu être monté sur le talus où gisaient les corps, un aveu qui a entraîné sa mise en examen dans l'affaire en juin 2006. L'hypothèse de l'implication de Heaulme dans le crime de Montigny-lès-Metz a en outre été fragilisée par les résultats négatifs d'analyses faites en avril sur l'un de ses vieux pantalons, retrouvé en octobre chez sa grand-mère à Vaux, près de Metz, où l'ADN des deux enfants n'a pas pu être détecté.
D'après agence
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