Un bus avait été incendié à Marseille en octobre 2006 © TF1/LCI |
Cité de la Renaude, à Marseille. Nous sommes le 28 octobre 2006. Il est 20h30. Huit mineurs, visiblement en manque d'occupation, montent un scénario diabolique qui vise à mettre le feu à un bus de la ligne 32. Lorsqu'ils lancent le mouchoir enflammé, une dizaine de personnes et le chauffeur se trouvent à l'intérieur du bus. Tous arrivent à sortir à temps. Sauf, Mama Galledou.
Mama Galledou, brûlée à 62%
La jeune femme était assise à l'arrière, là où l'essence a été répandue. Au moment où elle s'apprête à sortir, elle chute et s'enflamme. Ses blessures sont très graves et le pronostic vital est un moment engagé : sur 62% de sa surface corporelle, elle est brûlée au deuxième ou troisième degré. Après un long séjour au centre des grands brûlés de l'hôpital de la Conception à Marseille, la jeune femme, qui a fêté dimanche ses 27 ans, est admise en rééducation au centre Léon-Bérard de Hyères (Var). Depuis juillet, elle vit dans un appartement où sa famille l'entoure. Elle est toujours en soins de jour en attendant la cicatrisation complète de ses blessures, pas avant le printemps. Alors, commencera une série d'opérations...
S'ils nient d'abord les faits, les huit jeunes interpellés finiront tous par reconnaître le rôle qu'ils ont joué ce soir-là, mais refusent de dire qui a lancé un mouchoir enflammé dans le bus. Sauf Béchir, l'un des plus jeune de la bande, qui désigne finalement celui qui a mis le feu. Agés de 15 ans au moment des faits, Béchir et Cédric, poursuivis "pour incendie volontaire ayant entraîné une infirmité ou une mutilation permanente", sont les plus jeunes du groupe de huit mineurs qui ont été mis en examen. Jugés à partir d'aujourd'hui par le tribunal pour enfant de Marseille, ils encourent une peine maximale de 15 ans. Les six autres seront jugés par la cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône, du 3 au 7 décembre. Ils risquent 30 ans de réclusion criminelle.
Un acte prémédité
Les enquêteurs ont pu reconstituer le scénario du drame : d'après les témoignages croisés des jeunes gens et des témoins, l'acte a été prémédité et chacun s'est vu attribuer un rôle précis. L'un devait arrêter le bus, d'autres débloquer les portes arrière, un autre répandre l'essence achetée dans une petite station service et conditionnée dans deux bouteilles en plastique et enfin le dernier devait mettre le feu. Le petit groupe se retrouve vers 20h30 à un arrêt du bus. Une première tentative de passage à l'acte échoue car l'un d'entre eux reconnaît une connaissance de sa mère à bord du bus. Ils attendent alors que celui-ci revienne pour agir. Tous affirment n'avoir voulu blesser personne. Mais, selon l'accusation, ils ne s'assurent pas que la dizaine de passagers et le chauffeur, une femme, sont bien descendus du bus. Trois étudiants, partis fêter un anniversaire, doivent traverser les flammes pour prendre la fuite et sont légèrement brûlés. Ils s'en sortiront sans séquelles. Mama Galledou, elle, n'aura pas cette chance.
Dans un entretien avec La Provence, Mama Galledou a récemment confié qu'elle essayait de vivre "le plus normalement possible" mais que le moindre geste lui était douloureux, qu'il lui était impossible de marcher normalement. Ses agresseurs "n'ont pas d'excuse", dit-elle, sans savoir si elle aura la force d'aller au procès : "je ne sais pas s'il peut m'aider à tourner la page ou s'il va, au contraire, me fragiliser".
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